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Rendez-vous au XXVème Festival de l’aventure des Angles du 18 au 25 Janvier 2014 !

Tabarly, Coppens, Cauchy, De La Ferrière, Destivelle, Patissier, Tesson, Augier, Brogniard, Fusil, Autissier, Cammas, Chabaud, Croizon, Vatine, Mayol, D’aboville, Baudry, Peyron… et tellement d’autres ! Toutes ces personnalités, célèbres pour leurs exploits sportifs, ont participé aux FADA, les festivals de l’Aventure des Angles. Pour la 25ème édition de cet événement pyrénéen, et à notre très grande surprise, nous avons été invités à présenter notre tour du monde des domaines skiables.

Parrainée par Sophie Jovillard et Nicolas Hulot – dont l’émission Ushuaïa fête aussi son 25ème anniversaire – le Festival de l’Aventure des Angles aura lieu du 18 au 25 Janvier 2014. A cette occasion, nous présenterons pour la toute première fois notre aventure sous un jour très différent et jamais révélé jusqu’à présent : coulisses, images exclusives, interviews, etc. Nous avons préparé une très grosse surprise pour l’anniversaire des « presque » 10 ans de cette tranche de vie singulière.

A nos côtés, les participants pourront aussi découvrir les exploits de Philippe Croizon et Arnaud Chassery avec leur film « nager au-delà des frontières », Christian Clot, le GMHM de Chamonix et leur incroyable film « Sur le fil de Darwin », Philippe Esnos, Evrard Wendenbaum, Loïc et Geoffroy de La Tullaye, Ludovic Hubler et Sylvain Perret.

Pour découvrir notre surprise, rendez-vous le 21 Janvier 2014 à 17h en salle Bleu Neige aux Angles.

Diagonale des Fous 2013 : le retour.

Du 17 au 20 octobre 2013 se tenait la XXI° édition du Grand Raid, aussi appelé La Diagonale des Fous, sur l’île de la Réunion. Au programme : 163,5 km et 9 950 m de dénivelé positif. La Diag’ est un événement d’une telle ampleur sur l’île qu’il est comparable à une Coupe du monde de football dans un pays comme le Brésil. Grosse nouveauté cette année : le départ a lieu depuis St Pierre – sous-préfecture et principale ville du Sud – ce qui donne à la course une nouvelle envergure. Une chose reste identique : l’atmosphère électrique qui se retrouve tout au long du parcours, même dans les endroits les plus improbables comme au détour d’un bosquet à 3 heures du matin. A noter aussi pour cette édition, des conditions météorologiques clémentes (record de sécheresse de 50 ans) qui favoriseront une course rapide !

En 2011
Après un an d’entrainement, je m’aligne pour mon premier ultra trail à la Réunion. L’aventure s’arrête au bout de 132km sur le Chemin Kaala. Les descentes, la boue et mon manque d’expérience ont eu raison de mes genoux et de ma détermination. Le pari est tout de même gagné : je suis allé au bout de mes possibilités ; la privation de sommeil avait même provoqué même des hallucinations ! Pour ceux qui veulent lire ce récit, c’est ici.

L’avant course
 AnticiperDeux ans plus tard, je suis mieux préparé. Je me suis entraîné dans toutes les conditions météorologiques : neige, pluie battante, chaleur, etc. pour être prêt à affronter les éléments le jour J. Sur les derniers mois, mes genoux et chevilles ont montré des signes de faiblesse. Fin juin, j’ai dû rendre mon dossard au bout de 57km d’un trail à Cortina d’Ampezzo (Italie) pour me préserver. J’arrive donc à la Réunion confiant dans ma préparation, mais inquiet pour mes articulations.

Sur place, le programme des derniers jours est simple : se reposer et repérer la fin de parcours pour générer un a priori positif autour de la zone de mon abandon en 2011. Bilan : je me suis rassuré sur le Chemin Kaala, mais je me suis aussi remis une dose de stress en me tordant fortement la cheville à une semaine du départ. Le reste de l’attente est longue et laborieuse, je me sentais prêt fin septembre et depuis tout semble se dérégler…

La stratégie
Mon objectif est de terminer la course quel que soit la durée de l’effort. Dans un « Ultra« , il faut s’économiser. Ma stratégie de course est donc de freiner et de ne pas me laisser griser par l’ambiance pour être sûr d’aller jusqu’au bout. Ma tactique est de me concentrer sur des petites segments de course, en les prenant l’un après l’autre. Je découpe donc le parcours en 3 tronçons que je décompose en morceaux pour être certain de me concentrer sur l’instant et de ne pas divaguer.

L’aventure
 Départ à Saint PierreKm0 : Le départ est rapide et ressemble à une arrivée d’étape de Tour de France. Il y a du monde partout : 30 000 personnes ont fait le déplacement pour nous applaudir. Les gens sont extrêmement chaleureux, accueillants et soutenants. Pas facile de tenir ma tactique dans cette folle ambiance : j’ai envie de mettre les watts ! Les premiers kilomètres de course sont rapidement avalés.

Km15 : je n’échappe pas aux traditionnels « bouchons » dans les premiers passages techniques et étroits. Je perds une heure à attendre. Une fois bien refroidi, les nuages enveloppent le parcours et jettent un froid sur les participants. Les coureurs autour de moi ont l’air assommés et hagards. Je trottine dans un crachin breton. Tout va bien, merci l’entrainement dans les conditions difficiles ! 😉

Km40 : Piton Textor, 1er ravitaillement avec Armelle, en charge de mon assistance tout au long du parcours. Je suis pile dans le timing et m’offre même 5 minutes de sieste flash.

Km 52 : Dans la remontée en direction du cirque mythique de Cilaos, la progression se fait à la queue leu-leu. Les dépassements ne sont pas aisés jusqu’à ce qu’un coureur Péï (un local, comme on dit là-bas !) me rattrape et me montre la voie. Le sentier semble d’un coup plus large et les possibilités de progression démultipliées. La connaissance du terrain est un véritable atout et j’engrange un maximum d’expérience en le suivant. Dans une portion plus roulante, il accélère et je le laisse filer. Un grand moment pour moi, suivi d’un premier passage complètement à vide. Je ne sais pas où je suis, je marche à flanc de falaise, dans un sentier difficile et ce n’est plus drôle. Je m’arrête m’étire, m’alimente, met de la musique et ça repart. Ouf !

Km60 : J’aborde la descente sur Cilaos – réputée extrêmement difficile – dans les meilleurs conditions, et profite de l’expérience tout juste acquise pour laisser dérouler les jambes et même doubler quelques coureurs.

5Km65 : J’arrive à Cilaos relativement frais, mais très énervé. Je respecte pourtant jusque-là le plan de progression à la lettre, le 1er tronçon de ma course est fait. Après un rapide massage et un bon déjeuner, j’étais sensé dormir pour aborder au mieux la deuxième nuit. La musique est forte sur le Stade et les coureurs bruyants dans la tente de repos. Du coup, je ne ferme pas l’œil et suis agacé d’avoir « perdu » mon temps.

Je me remets en route en direction du cirque de Mafate via la redoutée montée du Taïbit. En 2011, cette étape était passée comme une lettre à la Poste, je suis donc confiant. Erreur, car je suis poussif dans le premier tronçon. J’ai du mal à boire… et arrive au check-point intermédiaire tout barbouillé !

Km72 : J’ai le sentiment que mon corps ne veut plus des boissons énergétiques, ni des gels bourrés de sucre dont je me nourris depuis le début de la course. J’attrape une banane, aliment dont j’ai absolument horreur, mais que je sais énergétique et moins sucré. A 200m du sommet je suis en nage, à 2 doigts de vomir, persuadé d’être bien loin du col et me demandant s’il est raisonnable de continuer dans ces conditions ! Je somnole quelques minutes sur un rocher, puis me relance derrière un groupe de coureurs. Arrivé au col pourtant si proche, je contacte Armelle pour lui faire part de mes doutes.

Km77 : Après un bon coup de pied aux fesses d’Armelle, quelques conseils, un repas chaud et une sieste salvatrice dans la tente de ravitaillement malgré l’affluence à Marla, je repars requinqué et me sens béni des dieux. Le flow serait-il de retour ?

Km94 : La deuxième nuit est déjà bien engagée et je vois de plus en plus de coureur « faire la papillote » en dormant dans leur couverture de survie sur le bord du chemin. Je me demande bien ce qui a pu les pousser à s’arrêter là plutôt que de progresser jusqu’au check-point suivant…
Arrivé à Ilet-à-Bourse sur les coups de 2h00 du matin, je pensais trouver de quoi m’abriter pour dormir. Mais ce n’est finalement pas possible. Du coup, à mon tour, je m’enroule dans ma couverture de survie et m’effondre de sommeil. Il me faut bien deux rappels du réveil après 80 minutes dans les bras de Morphée.

MafateKm100 : Après quelques montagnes russes typiques des chemins réunionnais, se présente la célèbre Montée du Maïdo, décrite comme… verticale ! Il faut imaginer un sentier qui serpente dans une paroi d’escalade de 1 500m de haut. Je l’aborde à « ti pas, ti pas », comme on dit ici, et débouche au sommet plutôt facilement. Le 2ème tronçon est bouclé et j’éprouve un sentiment de satisfaction d’être sorti de Mafate !

Km111 : Pour le dernier tronçon, le plan est simple : assurer pour être certain de finir la course. J’en profite donc pour prendre 40 minutes de pause au sommet où Armelle m’a retrouvé. Il flotte une atmosphère agréable de pique-nique dominical familial et les trépignements du début de la course semblent bien loin.

Km124 : Mon genou gauche commence à me lancer de plus en plus, je m’étire et repositionne ma rotule régulièrement. 1700m de descente plus tard j’arrive sans trop d’encombre au bien nommé point de ravitaillement de Sans Soucis. Je suis surpris que cette descente – que je redoutais tant – se soit s’y bien passée, mais je ne veux pas m’autoriser à commencer à y croire !

Halte LàKm129 : A Halte-Là, dernier « ravito » avant l’arrivée, je suis accueilli comme un prince par l’équipe de bénévoles (kinésithérapeuthes + Podologues). Pour eux aussi, c’est un long marathon ! Pourtant ils restent tous super souriants et pro, j’adore ! Ils sont pas moins de deux à me masser les jambes sur une table baignée par un soleil de fin journée, quand l’un des kinésithérapeute décrit exactement ma douleur au genou, et me pose un strap en prévention. Je me sens soulagé et m’offre 45 minutes de sieste profonde malgré l’agitation qui règne dans le stade. Il est temps d’affronter le Chemin Kaala. Dans la montée en direction de Dos d’Âne, je rejoins un groupe de trois coureurs. La discussion va bon train et, finalement, le passage de ce point délicat s’en trouve grandement facilité. Merci les gars !

Km143 : À la Possession, la transition entre la nature sauvage et la ville est violente. Les rues grouillent de monde, le faible éclairage et l’animation incessante sont pesantes après 48 heures d’effort. Heureusement, Armelle s’est avancée sur ce check point ce qui me permet de rester dans ma bulle. Vient ensuite le Chemin des Anglais, ancienne voie pavée qui est maintenant toute défoncée par les intempéries. En bref, un vrai champ de bataille pour les chevilles ! De nuit c’est en fait assez monotone ; les pas s’enchainent au milieu du tracé où les pierres sont presque plates et alignées… quand surgit un arbre au milieu du chemin ! Suis-je en train d’halluciner par manque de sommeil ? Nous sommes quatre coureurs à l’éviter au dernier moment en faisant un pas de côté. A ce stade, impossible de dire si nous avons eu une hallucination collective. Il me faudra attendre le lendemain et une discussion avec d’autres participants pour avoir la confirmation qu’il était bien réel !

Km159 : Les pauses sont de plus en plus longues et il y est bien difficile de me sortir du sommeil. Je repars au petit jour du Parc du Colorado. Encore 4 km et j’aurai réalisé mon rêve. En même temps que le soleil se lève, je prends conscience du chemin parcouru en deux ans. L’émotion est forte ! Pour autant, je fais tout mon possible pour rester concentré et ne pas me blesser si près du but.


FinishKm163,5 :
Dimanche 20 octobre 2013 à 07h02, après 56h02 d’effort, je lève les bras sur la ligne du Stade de La Redoute, en compagnie d’Armelle à qui j’ai demandé de me rejoindre pour les dernières centaines de mètres. Je l’ai fait !

Merci à :

  • Armelle pour le coaching et « l’Ultra de l’assistance » ;
  • Amis, famille, collègues, partenaires d’entrainement, tout ceux qui ont littéralement tué leur touche F5 pour rafraîchir les pages du site de pointage, ceux qui se sont relevés la nuit pour checker ma progression, ainsi que tous ceux qui m’ont envoyé des SMS de soutien.

[Media] « Ils ont fait le tour du monde » de Sandrine Mercier et Michel Fonovich

Nombreux sont ceux qui nous ont demandé si nous avions publié un livre au sujet de cette aventure humaine et sportive, en plus de notre blog, pour découvrir les coulisses du voyage. Cela n’a pas été le cas jusqu’à ce que Sandrine Mercier et Michel Fonovich – Journalistes et, entre autres, Rédacteurs en chef du très qualitatif magazine de voyage A/R – nous contactent.

Près d’un an de travail plus tard, ils ont collecté 32 interviews de « tourdumondistes » et des centaines de photos pour constituer un bel ouvrage publié aux prestigieuses Editions de La Martinière. En plus des récits de voyages plus originaux les uns que les autres, le livre comporte un carnet pratique de 48 pages pour préparer votre voyage… et votre retour !

Ils ont fait le tour du monde (256 pages, 193×260 mm, 29,90 euros) sort aujourd’hui dans toutes les bonnes librairies et ici.

Bonne lecture à tous !

 

P.S. : Si vous cherchiez une idée de cadeau de Noël, en voilà une toute trouvée ! 😉

Le gars qui dort dans sa voiture

La plupart de mes proches collaborateurs sont au courant de mon expérience autour du monde. Mais lundi matin, au retour des vacances, un événement particulier s’est produit au bureau. Un collègue d’un autre service de l’entreprise a débarqué avec un exemplaire du Ski Magazine de Janvier 2008, dans lequel 9 pages d’article ont été dédié à  notre aventure. En quelques jours, et bien malgré moi, le magazine a fait le tour de tous les bureaux. Depuis, pour les gens qui ont l’habitude de me croiser dans les couloirs de l’entreprise en costard-cravate, je suis devenu  » le gars qui dort dans sa voiture avec un duvet sur la tête  » … Sympa !

Dodo dans la voiture

Carte postale des Philippines!

La semaine dernière, nous avons eu reçu une « e-card » d’une destination on ne peut plus exotique : Les Philippines ! Surprise : deux de nos riders préférés ont décidé de faire vivre l’esprit RATW dans ce petit coin de Paradis. Merci Claire et Ghis, et à  bientôt pour de nouvelles aventures, « somewhere over the mountain »…

Claire et Ghis aux Philippines

J.O et frayeurs a haute altitude

Le 12 février 2006 est une journée de repos, et en fin de journée nous allumons la télé pour voir l’épreuve de descente homme des J.O. Nous nous apprêtons à assister à la victoire « logique » – selon les commentateurs américains – de Bode Miller. Aux USA, tous les athlètes américains sont de véritables supers stars et ce dernier fait l’objet d’attentions toutes particulières. Il s’élance, mais ne réalise pas la performance escomptée : déception des commentateurs. Nous ne connaissons pas les résultats des entraînements, et suivons le reste de la course d’un œil distant. Notre surprise est de taille lorsque nous découvrons que le dernier coureur à se présenter est un français ! Nous bondissons de nos chaises et regardons le chrono défiler, « il est en avance ! », « il est bien passé, là où beaucoup se sont faits secouer ! »… Victoire d’Antoine Demeriaz ! Superbe ! C’est un peu chauvin, mais bon…

Le lendemain, nous skions à Grand Targhee (WY). Cette station offre une vue imprenable sur les pics du Parc National de Grand Teton et le plateau (à 2000 m d’altitude quand même!) en contre bas. La neige est bonne, il fait beau, nous nous régalons ! En fin d’après midi, après une heure de route, nous arrivons à Jackson Hole (WY), un « must » en Amérique du Nord. Le domaine skiable est grand, technique et desservi par un célèbre téléphérique (tout le monde en Amérique du Nord nous en a parlé) partant du bas de la station et arrivant au point culminant 1200 m plus haut. Du fait de son grand âge (40 ans) il sera démonté l’année prochaine et remplacé seulement dans quelques années.

Le 14 février 2006, nous avions prévu d’y skier à nouveau, mais la météo est mauvaise. Nous choisissons donc de prendre la route, jusqu’à Denver (CO) à 850 km de là. L’autoroute pour s’y rendre se trouve à 2000 m d’altitude en moyenne, ce qui me surprend, car j’imaginais les Rocheuses un peu comme les Alpes : un gros massif avec des montagnes serrées. C’est vrai par endroit, mais il existe de nombreuses plaines et plateaux, à haute altitude, avec les mêmes infrastructures et habitations qu’en France, mais à 500 m. La contrainte de la neige, du vent et du froid en plus. Du coup les autoroutes sont régulièrement fermées et les automobilistes invités à faire demi tour vers la dernière ville qu’ils ont croisée. Au bout de 2 heures de route sous un vent à décorner les bœufs, nous nous arrêtons pour faire une pause, et constatons avec stupéfaction que les roues sont quasiment prises dans la glace… Heureusement que nous n’avons pas eu besoin de freiner pour éviter un obstacle… Nous reprenons la route, et en fin de journée avant de passer le volant à Armelle, je fais une belle glissade, sur une sortie d’autoroute couverte de glace, il n’y avait personne en face : Ouf ! Quand Armelle repart, les conditions se dégradent de plus en plus. La visibilité se réduit à quelques mètres à cause de la neige et des bourrasques de vent. Armelle va d’un jalon à un autre et, au bout d’un moment, nous ne savons plus si nous sommes sur la route … en fait nous sommes dans le terre-plein central en herbe et recouvert de neige. Par chance Armelle conserve le peu de vitesse de la voiture et nous sortons de ce piège. Après ces 2 frayeurs, nous révisons nos projets de distance à la baisse et nous arrêtons à Laramie pour la nuit (à 3 h de Denver). Lors de ce trajet, nous avons vu un carambolage d’une dizaine de voitures et camions et n’avons pas compté le nombre de voitures échouées sur le bas coté…


Galeres sur la Transcanadienne

Nous avançons doucement sur la transcanadienne, nous sommes aujourd’hui (le 22 décembre 2005) quelque part entre Winnipeg et Saakstoon, en plein milieu du Canada. Depuis notre dernier article, il nous est arrivé pas mal de choses. Un voyant sur le tableau de bord disant de montrer la voiture à un garage nous a fait passer 2 jours à Winnipeg pour, finalement, ne rien réparer. Enfin, ça a tout de même coûté 100$ de « main d’œuvre » !

3 heures après avoir quitté le garage, la voiture s’est mise à fumer de partout, on s’arrête. Et là : grosse fuite du liquide de refroidissement sous le moteur …. Et grosse angoisse pour le prix de la réparation ! Armelle arrête quelqu’un sur la route pour faire appeler CAA, un service de remorquage et d’assistance auquel Réal nous avait conseillé de souscrire (heureusement qu’on l’a écouté !). On nous remorque au garage le plus proche (30 km) et on passe la nuit dans le motel de Shoal Lake. Ne cherchez pas sur une carte, c’est un minuscule village pour ne pas dire un trou. A l’intérieur du motel, le lendemain matin, on se serait cru dans une série télé américaine : un bar avec des billards, une salle de resto remplie avec tous les gens du village en train de prendre le café, y compris le shérif ! Pendant ce temps, le garagiste répare la voiture. Coup de chance, c’est beaucoup moins grave que ce qu’on pensait, puisque c’est seulement le chauffe moteur (une résistance) et pas le radiateur ou je ne sais quoi d’autre à changer (126$ quand même !).

Nous reprenons donc la route et au bout de 15 minutes, je me rends compte que mon couteau suisse, auquel je suis très attaché, est resté au motel. Demi tour pour essayer d’aller le récupérer, malheureusement la femme de chambre est partie déjeuner, je cherche dans la chambre : rien… Une heure plus tard, la femme de chambre revient, je l’interpelle sur le parking, commence à lui expliquer mon problème « I was in room n°10, and I … », elle me coupe et sort le couteau de sa poche en me disant que ça doit être ce que je cherche ! VICTOIRE ! Je passe du 36ème dessous à un énorme sourire sur mon visage !

Vous vous dites que ça suffit pour une seule journée, mais non, ce n’est pas fini… On reprend le planning initial direction Assessippi, minuscule station de ski à une heure de route de là. Il est temps d’aller rider, car il est déjà 17h, et la station ferme à 20h. Cette station n’a rien d’exceptionnelle, elle a juste le mérite d’être le long de la transcanadienne et de nous permettre de nous aérer un peu ! Au bout d’une heure sur les 3 mêmes pistes, Armelle a sa dose et choisit de rentrer. Je reste pour en faire encore 2 ou 3, car il y a des rails à slider, dont un en forme de S, très long, et hyper technique. J’ai vraiment envie de partir d’ici en l’ayant réussi, même si je suis déjà tombé 3 ou 4 fois dessus sans gravité. Je remonte après avoir quitté Armelle, franchit les 2 premiers rails sans encombre et m’attaque à mon défi du jour… et la je chute de nouveau, tape le tibia contre le rail, et je ressens une douleur qui me rappelle une blessure que je me suis fait sur un rail, il y a 2 ans. Je fonce directement à la voiture en me disant que j’ai moins mal et que, forcément, ça doit être moins grave…
A la voiture, je lève mon pantalon, Armelle découvre la plaie ensanglantée en même temps que moi. Je sais qu’il faut intervenir, mais je ne veux pas l’admettre… Elle me dit tout de suite qu’il faut recoudre (au moins 5 points !), que la plaie est trop grande et trop ouverte pour qu’elle se contente de me faire un pansement seulement… Je me résigne et vais au poste de secours, même verdict, « il faut recoudre, Sir ! ».

Une demi heure plus tard, je suis à l’hôpital, ambiance « Urgences » comme dans la série TV, mais c’est pas du tout le rush, et les infirmières sont très sympas. Finalement, pas de fil, juste de la glue et des strips ! [Le lendemain, je me rends compte qu’il aurait vraiment fallu recoudre, car la coupure est vraiment trop large… pourvu que ça tienne !]

Nous avions prévu de dormir dans la voiture, mais après tant de petites galères, nous dormons au motel pour recharger les batteries à 100%. Dans le fond toutes ces péripéties font partie du voyage, j’espère simplement qu’on en aura moins pendant les 4 mois à venir, car les Rocheuses sont un des « must » pour skier sur Terre et j’ai envie d’en profiter pleinement.