La Norvège, un véritable terrain de jeux

Le 8 avril, après avoir parcouru près de  1400 km vers le Nord, nous arrivons plein d’espoirs à Isaberg, en Suède. Le temps de descendre de la voiture et c’est la désillusion ! Nous réalisons que cette station n’est qu’une colline avec une dizaine de pistes, dont une majorité vertes… aussi bien par leur niveau technique que parce que la neige semble avoir déserté les lieux depuis un bon moment.

Toujours à la recherche d’un terrain de jeux enneigé, nous faisons route vers le Nord-Ouest : direction la Norvège ! Le 10 avril, nous partons à la découverte de Hemsedal. Le temps est couvert, mais – à notre grande surprise – la neige est bonne. Cette station recèle l’un des snowparks les plus impressionnants qu’on ait pu voir depuis notre passage aux USA. Les kicks sont tout simplement énormes !

Le soir même, nous avançons jusqu’à Geilo (prononcer « Yaélo ») où nous faisons la rencontre de Linn, une norvégienne qui travaille pour l’Office du tourisme local. Bien décidée à nous faire goûter à tous les délices de la région, elle nous embarque dès le lendemain pour une folle journée d’activités. Nous commençons par une promenade sur la face Nord du domaine skiable. Les remontées mécaniques sont fermées, car le vent souffle à 129,6 km/h ! Qu’à cela ne tienne, Linn nous trouve un skidoo pour monter au sommet ! A l’heure du déjeuner, nous poursuivons avec une balade en pulka, tirée par des chiens de traîneau ! Nous nous amusons tour à tour à jouer aux mushers. Le trajet passe au bord d’une rivière transformée en lac à cause de la glace qui a pris sur plus de 30 cm d’épaisseur : magnifique ! Dans l’après-midi, nous rejoignons Nicholas, le Chef des « Skipatrols » pour une visite de la face sud du domaine skiable (de l’autre côté de la vallée). Cette fois, nous sommes à ski, car le vent s’est calmé. Le matin suivant, Linn nous présente Valérie, une québécoise pleine d’humour mariée à un norvégien, qui nous fait découvrir les joies du kiteskiing/boarding. Il paraîtrait que l’immense plateau derrière la station et les vents capricieux qui le traversent font de Geilo l’un des meilleurs spots du monde pour pratiquer cette discipline. Vers 18h, nous retrouvons Linn pour déguster un dîner gastronomique norvégien avec de l’élan. (Pour les palais curieux, cette viande rouge ressemble beaucoup au bœuf, mais en plus fibreux).

Le 13 avril, les bras et les abdos endoloris, nous quittons Geilo pour Hafjell, près de Lillehammer. Cette station a accueillie quelques épreuves des J.O d’hiver en 1994. Bien qu’elle soit minuscule lorsqu’on en fait le tour en ski alpin, elle est surtout connue pour son domaine de ski de fond, qui compte 350 km de pistes.

Le 15 avril, nous avons rendez-vous à Trysil avec Johann, un ancien membre de l’Equipe Nationale Norvégienne de Télémark. Cette station couverte de conifères est l’une des plus grandes de Norvège. Johann nous emmène donc faire un tour de ses coins favoris. A cette occasion, il ne manque pas de nous faire passer sur une piste vertigineuse à 45° d’inclinaison. Décidément, les norvégiens ont de quoi bien s’amuser !


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Le Hall, la Vallee et le Monde

Un peu déçus par le manque de neige en Europe centrale et pas très motivés par l’idée de rider au milieu de hordes de touristes nordiques, nous choisissons de laisser passer les vacances de pâques avant de nous rendre en Scandinavie. Pour ne pas rester inactifs, nous décidons de tester de nouveaux lieux de glisse : les pistes indoor.

Le 04 avril, nous nous rendons donc au SnowHall d’Amnéville, en Moselle. Construit sur un ancien crassier, le site compte deux pistes : une bleue qui mesure près de 500 m de long sur 35 m de large et une plus petite (40 m) pour débuter ou faire de la luge. Au premier abord, cela paraît assez incongru de s’engouffrer dans ce frigo géant – la température est maintenu toute l’année à -2°C – alors qu’il n’y a pas une montagne aux alentours et qu’il fait 16°C dehors. Mais, ouvert il y a un an et demi, SnowHall ne désempli pas. Il a reçu à ce jour plus de 400 000 de riders ! Un projet d’extension est même à l’étude. Il faut dire que ce « centre de ski » est une aubaine pour les habitants de la région, dont certains sont encore touchés par la crise du secteur sidérurgique. Désormais, ils peuvent faire quelques descentes pour une poignée d’euros sans avoir à se déplacer jusque dans les Vosges ou le Jura. Il paraît même qu’un papy de 83 ans a pu goûter aux plaisirs de la glisse pour la première fois de sa vie… il était temps ! En ce qui nous concerne, cette première est assez surprenante. Ce n’est pas tant la neige ultra collante que le fait d’avoir un plafond éclairé par des néons au-dessus de la tête qui nous perturbe.

Après avoir passé la nuit à Bruxelles (Merci Ariane !), nous grimpons jusqu’à Landgraaf, aux Pays-Bas. Nous sommes à SnowWorld qui, vu les efforts produits pour recréer une ambiance « montagne », n’a pas tout à fait usurpé son nom. Cette fois, il y a 3 pistes, dont une avec un véritable snowpark. Il y a même un télésiège 6 places et un chalet d’altitude, où l’on peut boire du chocolat chaud ! Bon d’accord, il n’est qu’à 50 m au-dessus du niveau de la mer, mais avec un peu d’imagination… ! D’ailleurs, la température de -6°C facilite bien les choses.

Le lendemain, nous revenons légèrement sur nos pas, en allant à Peer, en Belgique. C’est là que se trouve Snow Valley, l’un des premiers centre de ski indoor en Europe. Construit il y a plus de 10 ans, par un obsédé de la neige (dixit son épouse, parce qu’il envahissait le frigo familial de pots contenant des échantillons de neige !), le site est particulièrement impressionnant vu de l’extérieur. Bien que les pistes n’excèdent pas 250m de long, celles-ci reposent dans une imposante structure sur « pilotis » s’élevant à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. A notre grande surprise, la neige, dont le secret de fabrication est aussi bien gardé que la recette de la potion magique de Panoramix, est excellente ! Nous avons quand même réussi à savoir qu’elle était fabriquée dans des cylindres avec un circuit de refroidissement à l’ammoniaque (et non pas avec des canons comme dans les autres centres indoor). En résumé, cela produit une sorte « glace pilée » très fine, qui a une bonne cohésion. Résultat : elle est beaucoup moins abrasive que de la neige de culture traditionnelle et surtout elle est peu « collante ».

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Prague, la romantique

Le 28 mars, nous quittons la Slovaquie pour la République Tchèque. Après une tournée rapide sur les 3 domaines skiables autour de Cerna Hora, nous gagnons Prague. La capitale du pays semble être devenue une destination touristique particulièrement à la mode depuis quelques temps. Et pour cause, cette ville pleine de charme et de romantisme a de quoi satisfaire les amateurs de paysages urbains les plus exigeants : trois quartiers classés au patrimoine mondial de l’Unesco, un château, plus d’une centaine d’Eglises, des musées en pagaille, un pont du XVème siècle en pierre, et des palais aux façades colorées où le style gothique rivalise avec le baroque le renaissance et l’art nouveau. Nous décidons alors de prendre une journée pour nous balader dans les rues de ce joyau, au cœur de l’Europe. Le soir, histoire de faire durer le plaisir, nous nous offrons deux places pour l’Opéra. Au programme : La Flûte Enchantée de Mozart… Après en avoir pris plein les yeux, nous en prenons plein les oreilles !


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Au coeur de l’Europe

Le 20 mars, nous arrivons en Roumanie, pays du légendaire Comte de Dracula. Nous montons notre camp de base pour quelques jours à Predeal. Installé dans un cadre idéal, entre les vallées de Prahova et Timis, c’est le plus haut village du pays (1 033 m). Il est entouré par les montagnes de Postavarul (1 802 m) et Piatra Mare (1 843 m) au Nord, de Muntii Garbovei et des murs rocheux de Bucegi au Sud, ainsi que des crêtes du Cioplea à l’Est. Fondé au XVIIème siècle, il est devenu depuis un important centre touristique, grâce à son climat sec – la température moyenne en hiver est de -4°C – et à ses nombreux départs de randonnées. Malheureusement, avec seulement une demie-douzaine de pistes et une forêt de conifères particulièrement dense, nous nous rendons vite compte qu’il y a ici plus d’hôtels que de mètres carrés pour skier ! Nous errons donc dans les différentes stations que comptent la région, mais sans grand succès. La pluie, qui tombe sans discontinuer depuis quelques jours, a raison de notre moral et surtout des canalisations roumaines…

Le 24 mars, nous roulons sur 800 km pour rejoindre la Slovaquie, en faisant une petite incursion en Hongrie. Une nuit à dormir dans la voiture plus tard, nous voici au pied du Bas Tatras, à Tatranska Lomnica. Entouré sur des kilomètres à la ronde par des plaines d’herbe jaunie par l’hiver, ce massif de 80 km de long (d’Est en Ouest) et s’élevant jusqu’à 2043m d’altitude semble étrangement surgir de nulle part. Et pourtant, en plus d’abriter des stations de ski, c’est un sanctuaire pour les ours bruns, les lynx et de nombreux autres animaux sauvages. Le lendemain, nous partons explorer la partie polonaise du Tatras, à Zakopane. A l’approche de la station, ce sont surtout des demeures construites intégralement en bois et disséminées dans l’épaisse forêt de sapins qui retiennent notre attention. Le calme et l’austérité qui s’en dégage contraste avec la vie trépidante du cœur du village. Dans la rue piétonne principale, les chalands fourmillent d’une échoppe à l’autre, d’une odeur de brioche chaude à celle d’un cochon rôti à la broche, le tout oscillant entre les gazouillis des oiseaux et des haut-parleurs hurlants un tube américain des années…80 ! Côté piste, c’est surtout le téléphérique et sa cabine métallique « grosse contenance » (20 personnes compressées comme des sardines max. !) qui nous ont marqué…

De retour en Slovaquie le 27 mars, nous jetons notre dévolu sur les pistes de Jasna. Cette fois, nous sommes dans le Bas Tatras – un autre massif, en face du Haut Tatras ! – où se trouve le point culminant de la chaîne des Carpates. Ces 25 km de montagnes (d’Est en Ouest) sont si majestueux qu’ils attirent près de 5 millions de touristes par an ! Heureusement pour nous, les pistes sont aujourd’hui presque désertes. Quant aux itinéraires hors piste, les nombreuses plaques à vent sont tellement menaçantes que personne n’ose s’y aventurer…

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Yaourt bulgare

Le 16 mars, nous arrivons à Bansko, dans les Balkans bulgares. Nous y faisons la rencontre de James, un anglais qui y tient un hôtel depuis quelques années. Il nous raconte avec délice l’histoire de la station et l’apprentissage du capitalisme par les bulgares. Depuis la chute du régime communiste, le pays se réveille tout doucement et le choc des cultures est encore un peu brutal. Nombreux sont les habitants qui vivent encore en autosuffisance en cultivant leurs pommes de terre, en tuant leurs cochons et en se déplaçant en carriole à cheval. A côté de ça, certains déambulent déjà en 4×4 de luxe sur les routes pavées défoncées, le téléphone mobile greffé à l’oreille. Ces derniers se sont souvent enrichis à la vitesse de l’éclair de façon plus ou moins honnête…

Le lendemain, nous empruntons les remontées mécaniques flambant neuves de la station pour rider dans le massif du Pirin. Les conditions sont printanières : soleil et neige aussi molle que du yaourt ! Mais ce n’est pas désagréable ! En fin de journée, nous filons vers le nord pendant 2 heures pour atteindre Borovets. Autant Bansko subit un développement touristique et immobilier massif, autant le temps semble s’être arrêté dans les années 1960 à Borovets ! Des boutiques construites à la va-vite avec des plaques de bois agglomérées, des vendeurs à la sauvette d’accessoires de contrefaçon, et des « taxis-carriole » conduis par des chauffeurs cuvant leur beuverie de la veille peuplent les ruelles aussi crasseuses que poussiéreuses de la station. Les hôtels aux façades décrépies et les maisons restées à l’état de chantier ou tombant en ruines laissent une impression de grandeur et de fastes à jamais révolue. C’est glauque. Ce sentiment est renforcé, lorsque nous réalisons le jour suivant qu’il y a ici plus de sex shops et autres sordides boites à strip-tease que de pistes de ski… Nous ne trainons donc pas longtemps et fuyons à Sofia, la capitale du pays.

Le 19 mars, nous prenons notre courage à deux mains pour monter à Vitosha. La route d’accès, d’abord en bitume criblé de nids de poule, se transforme peu à peu en voie pavée. Puis, en chemin de terre. Enfin, un reste d’eau de pluie aidant, nous arrivons dans un champ de boue ! Une fois sur place, nous comprenons que seule une seule piste est ouverte. Mais peu importe, nous n’avons pas fait tous ces efforts pour rien et le soleil est de la partie, alors nous en profitons !

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A la recherche du flocon perdu

Le 7 mars, une dévitalisation dentaire et 11 heures de route plus tard, nous voici en train d’errer dans les rues de Villach, en Autriche. Refoulé à la frontière slovène pour cause de tunnel fermé, nous cherchons en vain un endroit où passer la nuit. Il est 22h passé et pas un chat ne traîne dehors. Tant pis, nous reprenons nos habitudes nord américaines et dormons dans la voiture…

Le lendemain, nous passons en Slovénie et visitons 3 stations au pas de charges. La pluie ayant « lavé » les pistes, celles-ci sont devenues impraticables. Le lendemain, le scénario est identique à Pohorje, où les loueurs de la station ont carrément remisés le matériel de ski au placard et sortis les VTT ! Apparemment, là encore, la saison d’hiver n’aura pas été grandiose… Du coup, nous décidons de nous lancer avec un peu d’avance dans un marathon routier : rejoindre le Péloponnèse en Grèce, en passant par la Croatie, la Serbie et la Macédoine.

Pilotage façon Fast and Furious (vitesse des véhicules sur l’autoroute : de 60 à 180 km/h !), grosses peurs à cause de fous du volant et arnaques aux péages : voyager en Serbie n’est pas de tout repos ! A côté de ça, la traversée des autres pays nous a semblée être une partie de plaisir ! Juste après avoir passé la frontière grecque et roulé 13 heures d’affilées, nous nous offrons une nouvelle nuit dans la voiture, sur une aire routière désaffectée…

Nous consacrons les deux jours suivants à regagner le Nord du Péloponnèse. Le thermomètre de la voiture semble bloqué à 9°C, et bien sûr, il n’y a pas la moindre trace de neige sur les montagnes qui nous entourent. Même pas un petit névé !

Le 12 mars, nous devons rider à Kalavrita. Une fois de plus, la station est fermée pour cause de sécheresse absolue. Qu’à cela ne tienne, nous filons vers Delphes et profitons de la lumière du soleil couchant pour faire un peu de tourisme culturel au sanctuaire d’Athéna.

Le jour suivant, alors que nous nous enfonçons dans les montagnes rocailleuses du Parc National d’Oros Parnassos, nous apercevons enfin du blanc ! Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, la station de Parnassos est ouverte ! Nous en profitons autant que possible avant d’aller assister au coucher du soleil sur le Temple de Poséidon, au Cap Sounio. Aujourd’hui, nous sommes bénis !

Le surlendemain, nous faisons un crochet par Athènes pour visiter son incontournable Acropole et nous balader dans Plaka, l’un des quartiers touristiques de la capitale. Puis, nous poursuivons notre quête du côté d’Edessa, dans la partie grecque de la Macédoine. Le 15 mars à Kamaikstalan, devant le trop faible enneigement, nous décidons de quitter la Grèce pour les Balkans.


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Plan B

Le 27 février, nous faisons la grasse matinée chez Clemens, avant de le rejoindre dans le centre de Munich pour nous délecter de la gastronomie bavaroise. Nous passons ensuite l’après-midi dans les quartiers piétons de la ville, qui restent très animés, malgré un froid et un vent qui glace les os.

Le lendemain, à cause du manque persistant de flocons dans les stations allemandes, Matth organise un plan B sur un glacier Autrichien. Hintertux doit être suffisamment en altitude pour avoir récolté un peu de neige. Arrivés sur les lieux, coup de chance, c’est ouvert et il y a même de la poudreuse. Malgré un début dans la tempête, le soleil pointe le bout de ses rayons en début d’après-midi, ce qui permet à Béatrice de faire quelques clichés.

Le jour suivant, nous partons en « safari » sur le domaine relié de Kitzbuhel. Celui-ci est beaucoup plus grand qu’il n’y paraît et étonnement bien enneigé compte tenu de sa faible altitude. Après, un passage impressionnant sur la piste de descente de Coupe du monde, qui présente notamment une section à 85° d’inclinaison, nous filons à Selva, en Italie. Ce petit village se niche au fond de la « Val Gardena », une vallée couverte de forêts de mélèzes et de sapins, et protégée par les époustouflants massifs dolomitiques du Cir (2592 m), du Sella (3152 m), et du Sassolungo (3181 m).

Le 02 Mars, nous nous attaquons à Dolomiti Superski, l’un des plus grands domaines skiables du monde avec près de 1200 km de pistes (pas toutes reliées skis aux pieds). Pour en voir toute l’étendue dans le peu de temps qui nous est imparti, nous suivons un itinéraire, appelé « Sella Ronda », qui fait le tour d’un massif montagneux en forme de grosse molaire. Les paysages sont spectaculaires !

Malgré nos espoirs de la veille, le mauvais temps est de retour alors que nous nous élançons sur les pistes de Cortina (qui font elles aussi partie de Dolomiti Superski). Nous abrégeons rapidement la visite, d’autant plus qu’une douleur inquiétante aux dents, que je traîne depuis 4 jours, se manifeste à nouveau. Nous décidons alors de rentrer illico à Annecy pour voir mon dentiste, avant de poursuivre notre chemin dans les pays de l’est européen.


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De la neige a la mousse

Après le Japon et Chypre où nous avons croulé sous la neige, nous espérons bien que la malédiction qui s’est abattue sur les montagnes européennes en début de saison a pris fin…

Le 24 février aux aurores, nous attrapons à la gare d’Annecy Béa Frison – photographe professionnelle – qui va nous accompagner quelques jours (www.solenoctis.com). Puis, nous traversons la Suisse et l’Autriche afin d’arriver en Allemagne, à Garmisch-Partenkirchen. Dominée par le massif du Wetterstein, l’une des plus impressionnantes chaînes de montagnes des Alpes septentrionales, cette station est au cœur de la région de Werdenfels. Elle se trouve aussi au pied du Zugspitze (2962 m), le plus haut sommet allemand. Cette situation exceptionnelle explique pourquoi le village s’est d’abord imposé comme l’une des premières stations climatiques en Europe, avant de devenir une station de ski renommée.

A l’arrivée, Jutta, une guide touristique, nous attend pour une visite commentée des lieux. Garmisch-Partenkirchen est considérée comme la « métropole du ski » en Allemagne. Pour autant, elle a conservé son caractère authentique et une taille humaine. Des églises règnent au-dessus d’un enchevêtrement de rues et ruelles, toutes bordées de maisons bourgeoises dans la plus pure tradition bavaroise. Leurs façades sont décorées avec des fresques en relation avec le nom de famille ou la profession des habitants.

Le lendemain, malgré la grisaille persistante, nous partons explorer « Classic », le domaine skiable le plus proche. La couche de neige est mince, mais c’est suffisant pour s’amuser, notamment sur la piste « Kandahar ». Celle-ci a accueillie les épreuves de la Coupe du monde de ski alpin la veille et a donc fait l’objet d’attentions particulières. Pour assurer le bon déroulement des courses, l’organisation a été contrainte de faire apporter de la neige de différentes stations allemandes et autrichienne par camion !

Le matin suivant, un épais brouillard couvre les montagnes. Il paraît qu’il a neigé pendant la nuit, alors nous nous hâtons de monter sur le glacier du Zugspitze, grâce un train à crémaillère. A l’arrivée, on ne voit rien et le vent souffle, mais nous avons le plaisir de rider dans une neige toute fraîche ! En fin de journée, après un détour par Mittenwald (la Grave allemande), fermée par manque de neige, nous retrouvons Clemens, un ami d’enfance, à Munich. Histoire de mettre tout de suite dans le bain, il nous entraîne dans une taverne pour déguster une spécialité locale : de la bière ! Après tout, une petite mousse, ça fait toujours du bien !


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Rider sur l’Olympe

Le 3 Février, nous débarquons sur « l’île des Dieux », à Chypre, pour 3 jours. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il y a bien une station de ski en pleine mer Méditerranée ! A Troodos, sur le mont Olympe (1950 m), dans la vallée des cèdres, au cœur de l’île. Mais pour l’heure, il pleut et tous les chypriotes que nous croisons nous affirment avec force et conviction qu’il est « impossible » de faire du ski, parce qu’il n’y a « jamais » de neige sur l’île…

Le lendemain, pour digérer le décalage horaire, nous faisons un tour des parties accessibles du territoire chypriote. En effet, depuis le 20 juillet 1974, un tiers du pays est occupé par des troupes de l’armée turque et il est strictement interdit aux touristes de s’approcher des « frontières ». Nous sommes alléchés par les brochures touristiques qui expliquent que ce petit bout de terre est « un musée à ciel ouvert, véritable mosaïque des civilisations qui s’y sont succédées à travers les siècles ». Aphrodite, déesse de l’amour et de la beauté dans la mythologie grecque, y serait même née. Du coup, c’est une bonne dizaine de sites, répartis le long des côtes de l’île qui lui sont consacrés. On peut donc visiter le lieu de naissance de la Belle (une plage), la « grotte » où elle prenait ses bains à l’ombre d’un figuier géant, les sanctuaires où elle rencontrait ses nombreux amants, etc. Dans la réalité, les choses sont… légèrement différentes ! Les sites ne sont pas aussi romantiques et présentent encore moins d’intérêt culturel. Du reste, l’authenticité de certains d’entre eux doit être toute relative si l’on en croit l’odeur de ciment frais qui se dégage de certaines Eglises « byzantines » ! Et oui, à Chypre, comme ailleurs, l’industrie du tourisme de masse essaie de vivre comme elle peut, même au prix de certains artifices… Mais peu importe, ces paysages de côtes méditerranéennes bordées d’oliviers, d’orangers et autres arbres fruitiers aux senteurs délicates d’agrumes sont vraiment très dépaysants !

Au matin du 5 février, nous tentons de rejoindre l’Olympe, malgré une pluie drue. Au fur et à mesure de la montée, les gouttes d’eau se transforment en neige. Quelques kilomètres avant l’arrivée, les roues patinent désespérément, nous sommes bloqués dans un désert blanc où les flocons ne cessent de tomber. Qu’à cela ne tienne, il y a suffisamment de pente pour nous faire plaisir. Nous enfilons notre matériel, laissons la voiture sur le bord de la route et improvisons une session backcountry dans cette neige fraîche ! Malgré nos tentatives ultérieures, il y a tellement de congères qu’il nous est impossible d’accéder à la station.

Après coup, nous réalisons que cette péripétie confirme les grands mythes grecs. En effet, selon ces derniers, à chaque fois qu’un mortel a essayé de rejoindre l’Olympe, il s’est planté !


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Japon ancestral

Le 28 janvier, nous entamons une plongée dans le Japon traditionnel. A l’occasion d’un changement de train un peu plus long que d’habitude, nous filons visiter le château de Matsumoto. Comme dans la plupart des bourgades du pays, après le festival du feu qui a eu lieu il y a deux semaines pour célébrer le passage des jeunes hommes à l’âge adulte, c’est le tour du Festival de l’Hiver. Les abords du château ont donc été parés de sculpture de glace représentant des scènes ou des symboles nippons – plus ou moins – typiques : dragons, guerriers samouraïs, etc.

Dans la soirée, nous sommes accueillis par Katsu Kono, un ex-membre de l’Equipe nationale de Super G du Japon qui s’est reconverti dans le ski freestyle et la production de films de glisse. Grâce à lui, nous découvrons Nozawa Onsen et nous enfonçons dans le Japon ancestral ! Les maisons à colombages surmontées de toits de pagode majestueux en tuiles rouges, vertes ou bleues turquoises sont accrochées les unes aux autres pour former d’étroites ruelles qui serpentent sur les flancs du Mt Kenash (1650 m). Les façades sont parées de lanternes rouges. Les étales des échoppes traditionnelles proposent toutes sortes de marchandises colorées aux odeurs épicées. De-ci delà, des bosquets de séquoias protègent des temples shintos centenaires. Et partout, y compris là où si attend le moins, coule de l’eau chaude : dans les onsens, dans les canaux, dans les bains de pied publics, dans les minuscules gouttières creusées à même le sol qui courent le long des rues, dans les bassins géants où des grand-mères font directement bouillir leurs légumes ! Ici tout est authentique, intact.

Le lendemain, c’est aux côtés de l’armure d’un guerrier samouraï vieille de plusieurs centaines d’années que nous dégustons un petit déjeuné constitué de thé amère, de riz, de poisson froid et d’une demi-douzaine d’autres plats pas très bien identifiés… Puis, nous sommes conviés à participer à une cérémonie shinto normalement réservée à quelques dignitaires locaux. Celle-ci tend à implorer le ciel de bien vouloir faire tomber la neige et de protéger les riders des dangers de la montagne. Après avoir salué deux fois, puis tapé deux autres fois dans nos mains, et enfin resalué une fois devant l’entrée du temple, nous sommes invités à retirer nos chaussures et à nous asseoir sur nos talons dans la salle principale. Une sorte de prêtre en kimono ouvre solennellement la cérémonie en tapant sur un tambour. Pendant près d’une demi-heure, il prononce d’une voix tremblante tout un tas de paroles savantes auxquelles nous ne comprenons rien si ce n’est les mots « Nooozaawaaa Onnnsen » et « ZZnowwboooard ». Après avoir jeté des confettis blancs en l’air et avoir clos la cérémonie tambour battant, celui-ci nous offre un verre de saké (alcool de riz à 55%), ainsi que des autocollants à poser sur nos skis. Ceux-ci contiennent des écritures sacrées sensées nous protéger pendant 1 an… Forts de ce « bouclier magique » et accompagnés de Katsu, nous passons le reste de la journée sur les pistes et dans quelques goulets secrets très ludiques !

Dans la soirée, nous arrivons à Shiga Kogen, le plus grand domaine skiable du pays qui regroupe 21 stations. Ce lieu est aussi réputé pour ses sources chaudes depuis plus de 1300 ans. Autre signe distinctif : il est autant apprécié par les touristes que par les singes qui se promènent librement dans les rues ! En effet, le Parc National Jigokudani se trouve à proximité. Ce sanctuaire naturel compte environ 3000 singes sauvage qui ont pris l’habitude de venir se « relaxer » dans le bassin d’une source chaude locale, pour le plus grand plaisir des curieux !

Le 1er Février, avant de quitter le pays, nous avons un ultime rendez-vous à Tokyo avec Kuni, un ami japonais, pour visiter les Jardins Impériaux. Quelques shushis et un sublime coucher de soleil plus tard, nous décollons direction Hong-Kong, puis Londres et enfin Chypre, en pleine Mer Méditerranée.


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Le Japon : mission possible !

Le 22 janvier, après une journée passée dans les trains pour rejoindre la station de Furano, Matthieu et moi attrapons le fou rire en essayant de faire fonctionner les toilettes de notre chambre d’hôtel. On ne l’imagine pas, mais aller dans les « lieux d’aisances » japonais, c’est une sacré aventure ! En effet, la cuvette est dotée d’un petit boîtier sur le côté, avec plein de boutons – écrits en japonais bien entendu… Une fois assis, il faut d’abord régler la température de l’abattant (froid, tiède ou chaud… attention, ça brûle !). Ensuite, un petit tourbillon d’eau se déclenche dont l’unique fonction est de créer un écran sonore pour masquer les bruits. Enfin, une fois qu’on a fait sa petite affaire, il est possible de se faire nettoyer le séant par un jet d’eau suffisamment puissant pour atteindre le plafond ! (Véridique)

C’est un ciel gris et de la poussière de neige dans l’air que nous découvrons lorsque nous ouvrons les rideaux le lendemain. Peu importe, tant qu’il y a de quoi tracer de belles courbes, nous sortons ! La station n’est pas grande, ce qui nous arrange bien, car nous devons attraper un bus et deux trains en fin de journée pour rentrer à Sapporo.

Bien avant l’aube, nous nous rendons à la gare centrale. Aujourd’hui, le programme est simple : train, train et encore train ! Nous devons passer de Sapporo sur Hokkaïdo à Hakuba, au beau milieu de Honshu, l’île principale du Japon. Le trajet nécessite pas moins de 16h30 de voyage avec 6 changements et une course en taxi (gracieusement offerte par un inconnu japonais). C’est fatiguant, mais – contrairement à ce que je croyais – tous ses transferts en train sont réalisables. Du reste, entre deux trains, nous en profitons pour goûter à certaines spécialités gastronomiques locales. Les mets sont toujours très raffinés et la présentation particulièrement soignée, même si c’est toujours délicat de savoir à l’avance ce qu’on commande, parce qu’il nous est impossible de lire. Heureusement, parfois il y a des plats de présentation en plastique pour les illettrés comme nous !

Le 26 janvier, nous partons à l’assaut de Hakuba 47 et Hakuba Goryu, deux stations reliées parmi la dizaine que compte la vallée d’Hakuba. Il fait un temps superbe depuis plusieurs jours dans la région et la qualité de la neige commence à en pâtir. Mais les gens que nous croisons sont adorables et prennent le temps de nous présenter les lieux. Nous apprécions d’autant plus que contrairement à ce qu’on pourrait penser, rares sont les japonais qui parlent anglais.

Les japonais ont un sens de l’accueil bien à eux, discret, empli de respect et avec le souci permanent du bien-être de leurs hôtes. Nous bénéficions une fois de plus de l’hospitalité nippone le lendemain, lorsque Sakiko, notre aubergiste, se démène pour nous emmener à Happo One. Installée dans le Parc National Chubu Sangaku, cette station a accueillie 14 épreuves lors des J.O d’hiver de Nagano, en 1998. Les pistes sont larges et bondées de monde. Comme il a neigé toute la nuit, nous nous frayons quelques runs dans les vastes bandes de forêt qui séparent les pistes, où nous trouvons de la poudreuse jusqu’à mi-cuisse. Quel régal !


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Le Japon : mission impossible ?

Jamais nous n’avons abordé une étape de ce tour du monde aussi terrifiés qu’à l’approche du Japon. Et pour cause, nous avons entendu les pires horreurs sur les us et coutumes de ses habitants. En outre, le changement de notre mode de transport me laisse tout à fait perplexe. Changer de station de ski tous les jours en prenant le train et le bus (au lieu de la voiture) avec 70 kg de bagages me semble mission impossible…

Après une nuit glaciale en transit sur un banc de l’aéroport de Hong-Kong et quelques heures de vol supplémentaires, nous débarquons le 18 janvier 2007 à Sapporo, sur Hokkaïdo, l’île la plus au Nord de l’archipel nippon. Il tombe des flocons gros comme des balles de golf ! Mais ce qui aurait habituellement été une excellente nouvelle se transforme en calvaire lorsque nous devons traîner les bagages pour rejoindre notre auberge de jeunesse.

Avant le lever du soleil, nous déguerpissons pour attraper notre premier train. Nous arrivons quelques heures et quelques changements plus tard à Niseko dans une auberge japonaise traditionnelle. Ce logement douillet ressemble à tous les décors des dessins animés de notre enfance, les couleurs acidulées en moins ! Ici, les lits sont installés sur des matelas en paille de riz, les oreillers sont faits d’un sac de graines, les douches ont l’air d’avoir été dimensionnées pour des lilliputiens et les clients sont invités à chausser des tongues.

Le 20 Janvier, alors qu’une sorte de poussière de neige flotte délicatement dans l’air, nous nous élançons pour notre première descente. Il est difficile de décrire ce que nous ressentons à cet instant précis. C’est un mélange de soulagement, d’excitation et de surprise. Soulagement, car depuis un mois et demi que nous avons repris la route, il y a enfin de la neige en quantité « raisonnable », c’est-à-dire jusqu’à mi-cuisse ! Excitation, parce que c’est de la poudreuse et qu’elle est fraîche. Surprise, parce que cette neige ne ressemble à rien de ce que nous connaissons. Elle est d’une légèreté et d’une sécheresse qu’il est difficile d’imaginer pour les européens que nous sommes. De plus, elle tient bien toute la journée, car la température reste à peu près constante (autour de – 8°C). Du coup, glisser sur cette neige est une expérience tout à fait étonnante. C’est un peu comme de glisser sur de la sphaigne, mais sans eau !

Le lendemain, nous renouvelons cette expérience à Rusutsu. Matthieu m’avait prévenu : « tu verras, c’est un lieu très sauvage, où la nature est intact ! ». A l’arrivée dans la station, j’éclate de rire : c’est un véritable parc d’attraction, avec ses hôtels de luxe, ses manèges à sensations et une odeur ambiante de pop-corn caramélisé. Ce n’est qu’après avoir emprunté plusieurs télécabines que nous entrevoyons toute la beauté du domaine skiable, où nous profitons de quelques runs magiques dans la forêt. Enfin, le clou du spectacle est incontestablement la vue sur le volcan parfaitement conique Mt Yotei, sur le lac Toya au premier plan et sur l’océan pacifique juste derrière.

Le soir, Matthieu, qui a bien l’intention de vivre comme un authentique japonais, décide de visiter un « onzen ». Ces sources d’eau chaude publiques sont très répandues dans le pays et particulièrement fréquentées par les habitants. L’étiquette y est précise et personne ne doit déroger à la règle : on ne peut y entrer que parfaitement nu, après s’être lavé assis sur un tabouret avec l’aide d’un sceau !


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La Suisse : pays des clichés ?

En ce début d’année 2007, nous partons vérifier quelques clichés qui ont la peau dure : la Suisse est-elle – entre autres – le pays des chalets de bois, des hautes montagnes et du chocolat?

Cliché n°1 : Les chalets en bois
Nous commençons notre enquête à Verbier où il y a foule, car les vacances scolaires ne sont pas tout à fait terminées. De prime abord, le dessin des pistes n’est pas des plus intéressants. Mais peu importe, on ne vient pas ici pour glisser sur les chemins tracés ! Ici, les ardeurs du freerider qui sommeille en chacun de nous se réveillent ! Verbier est l’une des portes d’accès principale au « domaine des 4 Vallées ». Et de là, ce sont des dizaines – au moins ! – d’itinéraires hors pistes qui s’offrent aux aficionados de lignes techniques. Quant à la station, et bien oui, il n’y a que des chalets en bois ! Confortables et avec des volets rouges, ils sont accrochés aux flancs des montagnes valaisiennes pour former un ravissant village qui n’en peut plus de s’étendre.

Cliché n°2 : Les hautes montagnes
Le 5 janvier, dans l’humidité matinale, nous embarquons dans un petit train à crémaillère pour monter à… Zermatt. Ce nom qui fait claquer la langue sur le palet est entré dans la légende. Et pour cause, au-delà du nom, au-delà même de la ligne d’horizon se dressent quelques uns des sommets les plus connus des Alpes. En tête de liste, le Matterhorn Cervino (4478m), le Dufourspitze (4634m), et les non moins célèbres Castor (4223m) et Pollux (4092m). Skier ici, c’est un peu comme de se balader dans New York. Tu passes le plus clair de ton temps la tête en l’air ! Et comme si ce gigantisme ne suffisait pas, c’est plus d’une dizaine de glacier qui s’étalent langoureusement entre chaque pic.

Cliché n°3 : La pureté de l’air
Le lendemain, nous débarquons dans la « Perle des Alpes ». C’est ainsi que s’est auto-surnommé le village de Saas Fee, perché à 1800 mètres d’altitude. Sans doute parce que pas moins de treize « 4000 » veillent sur lui tel un écrin. Les glaciers à portée de mains et les sommets enneigés éternellement, dominés par le Dôme, la plus haute montagne de Suisse (4545m), forment un décor unique. Ajoutez à cela que les seuls véhicules autorisés à circuler dans la station sont électriques, et vous avez réuni les ingrédients pour prendre un bol d’air pur !

Cliché n°4 : Les Suisses sont riches
Après une incursion à Oberstdorf, en Bavière, où 3 pistes seulement étaient ouvertes, nous poursuivons à St Moritz. Ici, le snobisme est poussé à son paroxysme. Mieux vaut rouler dans une grosse berline aux vitres teintées et porter toques et manteaux de fourrure pour ne pas se faire remarquer. Les prix pratiqués dans les boutiques sont absolument indécents. Nous avons vu non pas une mais plusieurs montres dont le montant affiché suffirait à lui seul à couvrir plus de la moitié du budget de ce tour du monde !

Cliché n°5 : Les suisses sont pointilleux
Le 9 janvier après avoir enchaîné les runs toute la journée à Davos, nous trouvons un policier en train de rôder autour de la voiture. Ayant payé grassement notre place au parcmètre, nous ne inquiétons pas. Mais celui-ci tente de nous coller une contravention, car le numéro figurant sur le ticket correspond à celui d’une place située à 8m de celle sur laquelle nous sommes installés. Décidément, ils leur en faut peu…

Cliché n°6 : Le chocolat
Nous ne pouvions terminer cette étape suisse sans aller vérifier l’existence d’un dernier cliché : le chocolat. Avant de quitter Engelberg-Titlis, nous nous engouffrons dans le supermarché principal, où nous trouvons non pas un, mais deux rayons dégoulinant littéralement de confiseries chocolatées en tout genre !

Décidément, certains clichés ont encore un bel avenir devant eux…


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Le Tyrol : glace et béton

Le 20 décembre, nous quittons l’Italie pour l’Autriche. Nous arrivons en fin de journée à Sölden, une station encastrée dans la Vallée d’Ötzal. Contrairement au domaine skiable, le village ne voit pas souvent le soleil. Du coup, l’ambiance est vraiment glaciale et l’accueil que nous réservent les autrichiens sur place n’arrange rien. Le 21 décembre, jour le plus court de l’année, il fait – 9°C et la neige est collante. Qu’importe, nous sommes tout excités à l’idée de partir à l’assaut des « Big 3 ». En effet, le domaine skiable compte 3 pics culminants à plus de 3000 m d’altitude, ce qui représente plus de 10 000 m de dénivelé à monter et surtout…à descendre ! Les pistes sont plus larges que des boulevards et sans difficulté technique majeure. Du coup, nous ponctuons cette visite de moments de contemplation de la chaîne des Alpes depuis des plateformes aériennes aménagées sur les sommets.

Arrivés dans la nuit à St Anton, nous ne découvrons que le lendemain cette station mythique. Nous nous attendions à trouver un village dans la plus pure tradition tyrolienne. Mais, depuis quelques années, il semble que les architectes de la station aient opéré un véritable virage à 90°. Ainsi, des bâtiments en verre et béton brut au design moderne ont trouvé leur place entre les chalets peints traditionnels. D’ailleurs, les pistes sont aujourd’hui à l’image de ces constructions : glacées et dures comme du béton ! Ces conditions semblent agacer les habitants de la région. Quant à nous, « nous prenons la montagne comme elle est », trop contents d’être là plutôt qu’enfermés dans un bureau…

Le 23 décembre, c’est le premier jour des vacances scolaires. Les touristes sont arrivés massivement dans la nuit. (Mal) habitués à être seuls sur les pistes et déconnectés du reste du monde, nous sommes un peu surpris de trouver des files d’attente aux remontés mécaniques de Lech et Zürs, deux autres stations à 20 minutes de St Anton. Ici, la neige semble avoir pratiquement déserté les montagnes. De nombreuses pistes sont fermées. Nous faisons donc rapidement le tour des 2 domaines skiables, qui n’ont pas pu être reliés par manque d’or blanc. En début d’après-midi, nous filons sur 500 km, direction la France, pour passer les fêtes en famille !

Nous reprendrons ce prologue européen dès la semaine prochaine dans quelques unes des stations suisses les plus mythiques !

P.S : Amis lecteurs, nous vous souhaitons de bonnes fêtes de Noël et une excellente année 2007 !


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Y aura-t-il de la neige a Noël ?

Y aura-t-il de la neige à Noël ? C’est avec cette délicate question que le 16 décembre aux aurores, nous quittons le nid maternel annécien pour le pays du football, des pizzas et des tifosis : Viva Italia ! Le ciel est bas, mais au moins les pistes de Sestriere sont blanches. Compte tenu des records de chaleur qu’ont connus les stations alpines en ce début de saison, nous ne nous plaignons pas.

Le lendemain, nous nous rendons à 260 km au Nord-Est, à Alagna Valsesia. Ce petit village authentique et plein de charme est situé au pied des pistes du domaine skiable de Monterosa. Une fois n’est pas coutume, nous commençons par une balade dans la station. Les rues sont bordées de gros chalets en bois et en pierres d’un gris bleuté typique de la région. Des provisions de bûches parfaitement alignées sont adossées tout autour. De-ci delà, des maisons bourgeoises aux façades colorées et ornées de peintures en trompe-l’œil abritent des hôtels de luxe. Des passages étroits cachent des restaurants gastronomiques. Une Eglise, dont le parvis sous des arcades a été décoré d’une fresque monumentale, expose une crèche de Noël à taille humaine. Ces lieux à l’atmosphère cosi transpirent d’histoires, pour ne pas dire d’Histoire. Puis, je charge mes skis et m’engouffre seule dans le télécabine pour gagner le sommet du domaine skiable. Matthieu qui s’est blessé à la cheville hier est au repos forcé. Le ciel est toujours couvert, mais la neige est plus douce et plus abondante qu’à Sestriere. Les pistes vallonnées et parfaitement préparées me permettent de filer à vive allure. C’est un régal ! Le domaine skiable est entouré de nombreux glaciers et de falaises vertigineuses : magnifique.

Le surlendemain, nous poussons plus encore vers l’Est pour gagner la région du « Trentino ». En chemin, nous faisons escale à Brescia pour déguster une véritable pizza italienne. Le 19 décembre, nous montons à Madonna di Campiglio. Cette station se situe au cœur des Dolomites. Les pointes acérées des montagnes forment ici des sortes de mâchoires aussi impressionnantes qu’effrayantes… La neige est cette fois plus abondante et, pour cause, nous sommes passé de + 4°C hier à midi, à – 5°C à la même heure. Conséquence : les canons à neige sont en position de combat et asperge les pentes de flocons de culture. Finalement, peut-être qu’il y aura de la neige à Noël… même si elle est artificielle !


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Demandez le programme !

Après deux mois et demi de « pause », – je mets le terme entre guillemets, car nous avons couru dans tous les sens pour trouver les quelques milliers d’euros qui manquent pour boucler notre budget – nous revoilà sur les pistes ! Contrairement à ce que nous avions annoncé, nous avons dû modifier le programme initial. En effet, nous devions débuter cette saison au Japon, poursuivre en Inde et au Liban et enfin terminer en Europe. Malheureusement, entre temps, le climat politique au Liban et dans le Kashmir (en Inde) est devenu trop explosif pour que nous osions y balader nos spatules. Quant au Japon, c’est le climat météorologique qui fait des caprices ! Un ami travaillant pour Rossignol sur place nous a laissé entendre qu’il faisait tellement chaud qu’aucun domaine skiable ne serait ouvert avant Noël… Du coup, nous avons préféré remettre cette étape à plus tard (mi-janvier 2007) et recommencer notre quête d’or blanc par un prologue en Europe (Italie, Autriche, Suisse). Nous y reviendrons courant février pour une ultime étape, qui nous mènera de Chypre à la Scandinavie…

Urgent – Avis de recherche !

Wanted !

Vous ne savez que faire de votre break* familial cet hiver ? Pas de panique, nous sommes prêts à lui faire vivre de magnifiques aventures de la Grèce à la Scandinavie ! En effet, nous recherchons activement un véhicule pour terminer ce périple. Contactez-nous au plus vite (web[@]riders-around-the-world.com) pour en discuter !

* Monospaces, vans, pick-up, camping-cars, et autres 4×4 acceptés !

Wanted !

Pour voir les photos : cliquez ici

Quand les kiwis se prennent le bec…

Les 23 et 24 septembre a lieu la Marmot Extreme Freeskiing Competition 2006, à Whakapapa. Il y a 40 000 $NZ de prize money et des kiwis aux becs acérés. La vue sur les volcans du Parc National de Tongarino depuis la « Schuss Haus », le restaurant d’altitude de la station, est à couper le souffle. Mais au matin du 1er jour de la compétition, c’est une autre attraction qui attire la foule vers ce belvédère. Une bande de courageux remontent tout droit sur l’un des flancs du Mt Ruapehu, les skis dans le dos. La face en forme de cirque, entrecoupée de falaises et de pénitents de lave brune, porte le doux nom de « The Pinnacles ». C’est le printemps dans l’hémisphère sud et la neige est en béton armé. Nigel McKissock, le responsable des juges, nous explique que la compétition ne compte pas pour le tour IFSA, mais que les mêmes critères de jugement sont appliqués : difficulté de la ligne, style et technique, fluidité, contrôle et agressivité. L’enfant du pays au palmarès long comme le bras, Geoff Small, est présent et a fermement l’intention de prendre sa revanche contre son compatriote Hamish Acland. En août dernier, celui-ci l’avait battu – contre l’avis du public – lors du NZ Free Ski Open de Treble Cone. Ces deux skieurs au style fluide et aérien connaissent bien le terrain et, au moindre trick, les spectateurs poussent des hurlements d’encouragement.

Malgré le choix d’un nouveau spot, « The Policemen », les conditions de neige ne sont pas meilleures le lendemain. Imperturbable, Small choisi de faire grimper la pression en optant pour une ligne particulièrement technique. Le kiwi semble aussi à l’aise dans l’air que sur la neige. Il enchaîne des trajectoires tendues avec de nombreux passages de falaises. Mais Acland compte bien confirmer sa performance du mois dernier. Après avoir shapé un kick sur la ligne de départ, celui-ci droppe une première petite barre, puis bondi par-dessus tout ce qui peut l’être dans la face ! A quelques centaines de mètres de l’arrivée, trop confiant, il passe une nouvelle falaise, mais chute sur plusieurs mètres. Boosté par le public, Acland poursuit sur sa lancée et saute une ultime barre… malgré son épaule cassée ! Le soir, la remise des prix a lieu dans la convivialité légendaire des néo-zélandais au « Schnapps Bar »… Même à l’autre bout du monde on trouve des bars avec un nom pareil !

Le 25 septembre, nous revenons à des choses beaucoup plus terre à terre : le boulot (nous avons couvert l’évènement pour un magazine français), les courses et un peu de route. C’est moins drôle, mais il faut bien vivre ! Nous répétons ce scénario les deux jours suivants en faisant une première étape à Taupo et la seconde à Wai-O-Tapu, non sans avoir visité les Huka Falls. Wai-O-Tapu est surtout réputée pour sa zone hydrothermale que nous partons explorer le 28 septembre. Ce parc naturel de 18km² regorge de cratères, de bassins, de bains de boue et de geysers tous plus étonnants les uns que les autres. Les couleurs sont splendides, mais ce que les photos ne disent pas c’est la puanteur parfois insupportable qui règne sur les lieux. Imaginez l’odeur qui se dégage de 10 paires de vieilles chaussettes de sport (après usage !) enfermées dans un sac… En comparaison, les effluves du métro parisien, c’est un vrai parfum !


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Côte à Côte

Le 16 septembre, la station de Mt Lyford est fermée pour manque de neige. Plutôt que d’attendre d’improbables chutes de flocons, nous décidons de repartir faire du tourisme avant de prendre le bac pour l’île du Nord, dans 2 jours. Nous longeons donc la côte Nord-Est jusqu’à Havelock. Au passage, nous sommes attirés par une colonie de phoques affalés sur une plage bordée d’eau turquoise.

Le lendemain, nous poursuivons notre périple jusqu’au Parc National d’Abel Tasman. Les plages de sables noir succèdent celles de sable doré, à moins que ça ne soit l’inverse… La mer hésite entre une robe turquoise ou vert jade. Quant à la végétation subtropicale luxuriante, elle est « chapeautée » par des fougères géantes qui étalent leurs branches comme des parasols.

Le 18 septembre, jour de la traversée, nous accélérons la cadence pour arriver à l’heure à Picton. C’est de ce petit port de pêche que partent les ferrys pour Wellington, sur l’île du Nord. La route d’accès – la Queen Charlotte Drive – est une sorte de corniche donnant sur des criques aux eaux cristallines, habitées par quelques bateaux. De-ci delà, un ponton privé dessert une propriété cachée dans un écrin de végétation sauvage. La quiétude des lieux est aussi surprenante que leur beauté. Encore un coin de paradis sur Terre !

En milieu de journée, nous embarquons avec le camping-car dans le ferry. Picton est situé au fond d’un immense fjord, appelé « Marlborough Sounds ». La traversée prend 2h30, mais la première heure de navigation a lieu entre les pans de montagnes recouverts de sapins. Le contraste entre l’eau claire et le vert foncé des arbres est saisissant ! Celui-ci est encore plus fort lorsque nous débarquons à Wellington – capitale de la Nouvelle-Zélande – où nous revoyons des buildings et des voies rapides pour la première fois depuis un mois… Le retour à la civilisation est toujours douloureux.

Le surlendemain, nous visitons Wellington, faisons le ravitaillement et fuyons rapidement pour retrouver un environnement plus naturel. Comme nous avons des produits frais, nous en profitons pour fêter mon anniversaire, avec un jour d’avance, au bord de la plage de Pukerua. Enfin, nous terminons notre route à Waiouru, au pied du volcan Mt Ruapehu (« puits qui explose » en maori).

21 Septembre : C’est mon anniversaire ! Je me réveille en espérant pouvoir fêter ça sur les pistes. Pas de chance, il y a un vent à décorner les bœufs dehors et nos craintes de fermeture de la station de Tukino s’avèrent exactes. Le planning étant serré, nous sommes obligés d’avancer vers la prochaine étape. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, Turoa est elle aussi fermée le jour suivant. Nous sommes inquiets, car demain doit commencer la « Marmot Extreme Freeskiing Competition » à Whakapapa. Si les conditions météo sont les mêmes, celle-ci ne pourra pas avoir lieu. Nous reprenons le volant, en essayant de ne pas trop y penser, pour contourner le volcan et dormir à Ohakune.


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