Archives pour la catégorie Tour du Monde

Rendez-vous au XXVème Festival de l’aventure des Angles du 18 au 25 Janvier 2014 !

Tabarly, Coppens, Cauchy, De La Ferrière, Destivelle, Patissier, Tesson, Augier, Brogniard, Fusil, Autissier, Cammas, Chabaud, Croizon, Vatine, Mayol, D’aboville, Baudry, Peyron… et tellement d’autres ! Toutes ces personnalités, célèbres pour leurs exploits sportifs, ont participé aux FADA, les festivals de l’Aventure des Angles. Pour la 25ème édition de cet événement pyrénéen, et à notre très grande surprise, nous avons été invités à présenter notre tour du monde des domaines skiables.

Parrainée par Sophie Jovillard et Nicolas Hulot – dont l’émission Ushuaïa fête aussi son 25ème anniversaire – le Festival de l’Aventure des Angles aura lieu du 18 au 25 Janvier 2014. A cette occasion, nous présenterons pour la toute première fois notre aventure sous un jour très différent et jamais révélé jusqu’à présent : coulisses, images exclusives, interviews, etc. Nous avons préparé une très grosse surprise pour l’anniversaire des « presque » 10 ans de cette tranche de vie singulière.

A nos côtés, les participants pourront aussi découvrir les exploits de Philippe Croizon et Arnaud Chassery avec leur film « nager au-delà des frontières », Christian Clot, le GMHM de Chamonix et leur incroyable film « Sur le fil de Darwin », Philippe Esnos, Evrard Wendenbaum, Loïc et Geoffroy de La Tullaye, Ludovic Hubler et Sylvain Perret.

Pour découvrir notre surprise, rendez-vous le 21 Janvier 2014 à 17h en salle Bleu Neige aux Angles.

Le gars qui dort dans sa voiture

La plupart de mes proches collaborateurs sont au courant de mon expérience autour du monde. Mais lundi matin, au retour des vacances, un événement particulier s’est produit au bureau. Un collègue d’un autre service de l’entreprise a débarqué avec un exemplaire du Ski Magazine de Janvier 2008, dans lequel 9 pages d’article ont été dédié à  notre aventure. En quelques jours, et bien malgré moi, le magazine a fait le tour de tous les bureaux. Depuis, pour les gens qui ont l’habitude de me croiser dans les couloirs de l’entreprise en costard-cravate, je suis devenu  » le gars qui dort dans sa voiture avec un duvet sur la tête  » … Sympa !

Dodo dans la voiture

Carte postale des Philippines!

La semaine dernière, nous avons eu reçu une « e-card » d’une destination on ne peut plus exotique : Les Philippines ! Surprise : deux de nos riders préférés ont décidé de faire vivre l’esprit RATW dans ce petit coin de Paradis. Merci Claire et Ghis, et à  bientôt pour de nouvelles aventures, « somewhere over the mountain »…

Claire et Ghis aux Philippines

Epilogue

Mi-décembre 2007, nous avions annoncé un tour de France des domaines skiables. Et puis, silence radio. Il s’en est passé des choses en un an !

Tout d’abord, j’ai créé ma boîte. Ca s’appelle SWiTCH, c’est renversant et c’est ici. Lourdes obligations professionnelles obligent, mon tour de France s’est  » réduit  » à  un tour des domaines skiables des Alpes françaises. Cela représente tout de même 60 stations de ski en solitaire et sans assistance… ou presque. WonderBéa, Simon  » The Brain  », Agnès Belle et Matth m’ont rejoint très ponctuellement. Le guide des 260 meilleurs domaines skiables du monde ne devrait donc plus tarder à  être publié. Pour voir les meilleures photos de l’hiver dernier : cliquer ici  !

Ensuite, pour combler quelques  » lacunes  » dans ma formation, j’ai réussi le concours d’entrée d’une Grande Ecole parisienne. Résultat : en septembre, mes 28 ans fraîchement fêtés, j’ai repris ma trousse à  stylos et mon cartable, direction les bancs de la classe à  raison de 2 jours deux fois par mois, pendant 1 an et demi. Ca fait bizarre !

Quant à  Matthieu, la force tranquille lui coule toujours dans les veines ! Après une grosse période de doute, qui l’a conduit à  faire du ski une bonne partie de l’hiver – si, si, je vous jure ! J’ai même des photos que je garde dans un bunker secret pour le faire chanter 😉 – il est de nouveau les deux pieds bien attachés sur sa board. Côté pro, un détour par un cabinet d’étude annécien l’a définitivement convaincu qu’il n’y avait pas que la  » méca flu  » dans le boulot. Il a intégré depuis mars 2008 les fonctions de  » super consultant  », pour une super boîte, qui a un super C.E., ce qui me rend… super jalouse ! 😉

En attendant le départ du prochain tour du monde – eh, eh, la Terre ne s’arrête pas de tourner, alors nous non plus ! – nous relançons les activités de Riders Around The World. L’association a vocation à  faire découvrir les domaines skiables de notre belle planète à  tous les riders, quelque soit leur niveau. Cette année, nous commençons près de chez nous : dans les Alpes ! Nous irons tout de même jusqu’en Suisse et en Italie. Affaire à  suivre…

Big Up !

Notre tour du monde en quelques chiffres :

80 900 km parcourus en voiture
21 000 photos et 22 heures de vidéo
522 jours de voyage (soit plus de 17 mois)
201 domaines skiables visités
143 heures de vol cumulées par personne
120 kg de matériels
30 nuits passées dans la voiture (dont une par – 22°C)
25 Pays skiés, parmi les 37 visités
17 Moyens de transports utilisés (avion, hélicoptère, voiture, train, skidoo, snowcat, chiens de traineau, etc.)
16 mois de préparation
4 bagages seulement !
1 gars, 1 fille
Quelques liasses de dollars

Nous tenons à remercier sincèrement pour leur aide Pierre-Jean de oneworld (Faire le tour du monde fut presque un jeu d’enfant grâce à votre soutien !), Dominique de Ortovox (Vous avez cru en ce projet bien avant Matthieu !), Arnaud de Rossignol, Philippe et Alexandre de Greendoor – DaKine France, ainsi que Randy et Scott de DaKine USA, Eyal de Dirty Dog, Rémy de Worden, Thomas de Destination Poudreuse. Nous remercions tous les Rédacteurs en chef et producteurs d’émissions TV/radio d’avoir subit le « harcèlement » d’Armelle, pratiquement sans broncher… surtout si vous nous avez publié/diffusé ! Nous n’oublions pas non plus tous les personnels qui nous ont reçus dans leur station, parfois au pied levé, et qui n’ont pas hésité à nous faire découvrir leurs meilleurs spots.

Nous souhaitons aussi remercier chaleureusement :
Alain Duclos et Serge Cornillat pour leurs conseils avisés.
Hélène Allera pour sa créativité.
Marie Claude Prévitali de Média Conseil Presse pour avoir mis le pied à l’étrier d’Armelle et l’avoir propulsée dans « l’impitoyable monde des médias »
Johanne et Béa pour leurs magnifiques photos et leur bon caractère.
Sébastien et Charles de Frogs-in-NZ, ainsi que Sylvain de Bagages du Monde pour leurs coups de pouce.
Thomas Durand de CM International : vos conseils valent de l’or !
La Famille Décarie-Fournier : il n’existe pas de mot assez fort pour vous dire combien nous sommes reconnaissants pour votre aide, votre soutien sans faille, votre incroyable bonne humeur et votre accueil si chaleureux. Vous êtes dans notre cœur pour toujours.
Merci à Alain Solelhac d’avoir appris à rêver à Armelle et à Agnès Solelhac de lui avoir appris à réaliser ses rêves ! Voyez jusqu’où ça l’a déjà mené, et ce n’est pas près de s’arrêter… !
Taylor, Martin and Mike : It was so great to meet you. We hope to ride with you soon. Cheers !
The Viafora Family : Thank you so much for your warm welcome. May you continue to experience love, light and zen in your life !

Enfin, un petit clin d’oeil à tous ceux qui nous ont dit que ce rêve était impossible : on a adoré vous prouver que vous aviez tort !!! Mais, surtout, un grand merci à tous ceux qui nous ont soutenus, de près ou de loin, tout au long de ce beau voyage.

Big Up à tous et à très bientôt pour de nouvelles aventures !

Armelle et Matthieu

La boucle est bouclée !

Depuis une semaine, chaque kilomètre parcouru est synonyme de retour.

Aujourd’hui, 1er Mai, nous sommes bien heureux de débarquer en Suède. A voir l’état des ponts du ferry au réveil, la nuit semble avoir été drôlement agitée pour les finlandais qui étaient à bord… Nous ne traînons pas et suivons notre boussole : direction plein Sud. Toute la journée, nous relions la Suède à l’Allemagne en traversant le Danemark.

Après une nuit à Hambourg, nous faisons un crochet par Bispingen où se trouve le dernier centre indoor ouvert en Europe. Flambant neuf – ça sent encore le plastique frais ! – le Snow Dome ressemble en tous points à ces concurrents de Belgique et des Pays-Bas. La bonne organisation en moins ! En effet, la personne avec laquelle nous avions rendez-vous pour visiter les lieux a déserté depuis 15 jours… Le Directeur semble avoir disparu lui aussi, quant à l’hôtesse à l’Accueil, elle est totalement désemparée dès qu’il s’agit de toucher au moindre bouton de la caisse. Du coup, impossible d’avoir les informations nécessaires à l’écriture de notre guide. Qu’à cela ne tienne, nous nous lançons à l’assaut de la piste, grâce à un télésiège débrayable 6 places sans pylônes ! Un peu surdimensionné comme engin pour un lieu si vide… Une fois encore, il n’y a pas à discuter, le ski indoor c’est rigolo 5 minutes, mais on a vite le tour du « domaine ». De plus, il fait au moins 20°C dehors avec un magnifique soleil contre seulement -2°C à l’intérieur, alors nous ne faisons pas de vieux os.

En milieu d’après-midi, nous effectuons le rituel du « remballage » des skis, bonnets et bâtons pour la dernière fois. Petit pincement au cœur. Après plus de 200 « remballages », nous pourrions être blasés, mais non, toujours pas. Ces petits gestes quotidiens vont nous manquer. Vivement l’hiver prochain qu’on puisse remettre ça !

Après avoir déposé Matthieu chez ses parents, en Haute Marne, je file seule à Annecy. Nous sommes le 3 mai, la boucle est bouclée, Home Sweet Home me voilà !

Au pays des rennes et du soleil qui fait semblant de se coucher

Le 27 avril, nous croisons à nouveau le Cercle Polaire Arctique. Nous sommes en Finlande et plus précisément dans la région de Kuusamo en Laponie, à une cinquantaine de kilomètres de la Russie. En résumé pour les enfants, nous sommes au pays du Père Noël ! Nous ne l’avons pas encore rencontré, par contre nous avons vu ses rennes… A vrai dire, on en trouve partout : sur la route, en imprimé sur les t-shirts et même jusque dans l’assiette de Matthieu !

Notre étape du jour s’arrête à Ruka, où nous assistons vers 23h à un superbe « coucher » de soleil. Celui-ci semble rebondir sur la surface de la Terre, car il est à nouveau levé 4heures plus tard. La forêt tout autour semble s’embraser… Toute cette lumière aussi belle soit elle perturbe nos organismes. Depuis une semaine, nous sommes frappés par des maux de tête violents, notre appétit diminue étrangement et nous n’arrivons plus à nous endormir à des heures « normales ». Peu à peu nous perdons la notion du temps.

Le lendemain, nous visitons Ruka. Le domaine skiable ressemble aux pistes québécoises : peu de dénivelé, des lampadaires le long des pistes (pour le ski de nuit), une neige dure comme du béton et des magnifiques sapins tout autour. En fin d’après-midi, nous assistons à un contest freestyle vraiment impressionnant. Les participants doivent franchir un gap de 3 mètres de haut avant de s’élancer sur un big air monstrueux. Il est 19h quand le spectacle se termine, mais on a l’impression d’être au milieu de la journée tellement la lumière est forte et le soleil haut dans le ciel ! Nous sommes conviés à un diner dans la plus pure tradition finlandaise. Au menu : du renne (ça va sans dire !) et des mûres arctiques, aussi appelées « Or des Marais » par la population locale, à cause de leur couleur doré-orangé.

Le 29 avril, nous reprenons notre route vers Helsinki sous une tempête de neige. Des glaçons se forment sur les essuie-glaces de la voiture et la route est balayée par de puissantes bourrasques de vent. Alors qu’il fait 30°C en France au même moment, ici l’hiver n’est pas tout à fait fini.

Le lendemain après un réveil en douceur (Merci Nina !), nous nous baladons dans Helsinki. Malgré le froid et l’humidité, il règne dans cette capitale une ambiance joyeuse et conviviale. Les bâtiments historiques sont colorés et particulièrement bien conservés. Le soir, nous embarquons dans le ferry qui assure la liaison avec Stockholm, en Suède. Notre cabine sans hublot (ça coute moins cher !) est un peu étriquée et tout proche des moteurs, mais c’est toujours plus confortable que de dormir dans la voiture. Petit détail en passant : aujourd’hui, c’est le jour de la fête nationale en Finlande – synonyme de grande beuverie dans tout le pays – alors la nuit promet d’être agitée. Espérons que ce ne sera pas le cas de la mer…

Cap Nord : 71°10′ 21″

Le 25 avril, nous entamons une longue route vers le Cap Nord, à la recherche d’un autre « bout du monde ». Entre forêts peuplées de rennes paresseux, fjords vertigineux, lacs et rivières gelés, nous observons la nature qui se réveille lentement… Toutefois, l’hiver n’est pas tout à fait terminé si l’on en croit le mercure du thermomètre, qui descend à mesure que nous montons vers le Nord. La lumière se fait plus blanche et plus rasante au grès de notre progression. Il est tard lorsque nous établissons notre camp dans la voiture. Nous devons néanmoins installer le pare-soleil pour nous protéger de la lumière du jour ! Les nuages et la précocité de notre visite dans la saison ne nous permettent pas d’apprécier le célèbre Soleil de minuit. Mais qu’importe, après 11 heures de route, nous sommes trop épuisés et déjà bien heureux de pouvoir profiter du « Soleil de 23h » !

Le lendemain, nous effectuons la centaine de kilomètres restant avant ledit Cap. Le relief est moins escarpé, les forêts de sapins font place à la toundra, la neige commence tout juste à fondre. De ci de là, quelques maisonnettes rouge de pêcheur bordent la route, suivi de près par des séchoirs à harengs. Moins de 10 bornes avant l’arrivée, un panneau indique que la route n’est accessible qu’en bus de 12h30 à 14H. Après un moment d’hésitation, nous bravons l’interdiction : nous n’avons tout de même pas fait tant de milliers de kilomètres pour faire demi-tour juste devant l’objectif. Un bon quart d’heure plus tard, nous découvrons enfin à quoi ressemble ce « bout du monde ». Mais ça, ça ne se raconte pas. Il faut le voir pour savoir…

Finalement, cette phrase d’un vieux sage nous revient en mémoire : « L’important n’est pas tant l’objectif du voyage, que le voyage en lui-même… ». Amen.

La Suède à 47°

Le 16 avril, nous faisons route jusqu’à Idre Fjäll, ce qui n’est pas sans nous rappeler notre expérience de la Transcanadienne : toujours tout droit, en moyenne pas plus de deux virages tous les 100 km, des sapins, des sapins et… encore des sapins.

Le matin suivant, Frederik, le Directeur de l’Ecole de ski, et l’un de ses collègues nous attendent dans le hall de notre hôtel : « ça vous tente une balade en skidoo dans le parc national ? » La réponse fuse : « Yeah !! » Ces engins rutilants ont beau polluer l’air et les oreilles de la faune locale – les notre aussi d’ailleurs ! – il faut bien l’avouer, nous ne boudons pas notre plaisir. Débordant d’énergie, Frederik nous entraîne ensuite dans une visite du domaine skiable pleine de rebondissements et de sensations. Il nous fait notamment goûter à « The Shock » (en anglais dans le texte), la piste où se déroulent les compétitions nationales de K.L.* L’inclinaison maximale est de 47° sur une section assez importante. C’est particulièrement impressionnant vu du départ, mais une fois qu’on est dans le mur et qu’on a réussi à replaquer les spatules dans la pente, ça va mieux. Il faut dire que le travail de préparation de la piste – plus lisse qu’une patinoire – facilite le passage. Cela dit, mieux vaut avoir bien digéré son déjeuner avant de s’engager…

Deux jours plus tard, nous découvrons les 4 domaines skiables de Sälen. Il neige à gros flocons et la visibilité n’est pas exceptionnelle. Nous décidons donc de nous concentrer sur les snowparks. Ceux-ci regorgent de big airs et de pipe bien shapés. Il y a aussi une collection de rails tout à fait originaux, dont un triple wave : on n’avait jamais vu ça auparavant !

Le 20 avril, nous faisons route vers Åre (prononcer « Oré »), en faisant un crochet par la station de Vemdalen. Åre a accueilli cet hiver les Championnats du Monde de ski alpin. Du coup, le téléphérique principal a eu droit à un « skinning » aux couleurs de l’événement, ce qui détonne un peu dans le cadre naturel… En outre, le tracé de nombreuses pistes a aussi été revu pour l’occasion, pour notre plus grand bonheur ! Le lendemain, Matthieu est trop fatigué pour m’accompagner visiter le domaine. Qu’à cela ne tienne, Anders, un local amoureux de sa station et un peu tête brûlée, me sert d’escorte. Naturellement, nous faisons un tour dans le snowpark. Les kids sont « chauds-bouillants » ! Et il vaut mieux l’être, car les kicks sont comparables à ce qu’on peut trouver dans le Colorado ou en Californie. C’est tout simplement GIGANTESQUE !

Le 22 avril : c’est Dimanche, alors nous prenons un « jour off » pour… bosser ! Et oui, notre guide des domaines skiables ne s’écrit pas tout seul, malheureusement ! Puis, nous reprenons la route en direction d’une station mythique : Riksgränsen. Les paysages sont baignés par cette lumière très blanche, mais en même temps si douce, typique de la Scandinavie. A l’arrivée, mauvaise nouvelle : c’est 200 Euros par personne non négociable pour une chambre avec lit superposé sans couverture, ni drap, mais avec une vue sur le superbe… camping municipal ! Il n’y a qu’un seul hôtel dans la station et manifestement celui-ci abuse de son monopole… Trevlig Vistelse !**

Riksgränsen est connu pour 3 raisons : tout d’abord, son ski de minuit. A cette latitude, quand le printemps est bien installé le soleil ne se couche pas et les remontées mécaniques restent ouvertes une bonne partie de la nuit. Ensuite, de nombreux riders professionnels, qui n’ont pas pu faire de belles images dans les Alpes au cœur de l’hiver, viennent ici aux mois de mai et juin pour « sauver leur saison ». Enfin, le domaine skiable regorge de spots magnifiques pour faire du ski héliporté. Bref, c’est un petit paradis dans le petit monde du ski… Nous passons donc la journée du 24 avril à nous balader sur le domaine. Vers 18h, nous sommes invités à une session informelle dans le snowpark avec quelques pro riders. C’est irréel, il fait un froid de canard, la neige est « bétonnée », mais le soleil brille bien haut dans le ciel…

* K.L. : Kilomètre Lancé. Cette discipline consiste à s’élancer tout droit sur une piste, afin de battre un record de vitesse. On peut le faire en ski, en snowboard, mais aussi en VTT, par exemple.
** Trevlig Vistelse ! : Passez un bon séjour !

La Norvège, un véritable terrain de jeux

Le 8 avril, après avoir parcouru près de  1400 km vers le Nord, nous arrivons plein d’espoirs à Isaberg, en Suède. Le temps de descendre de la voiture et c’est la désillusion ! Nous réalisons que cette station n’est qu’une colline avec une dizaine de pistes, dont une majorité vertes… aussi bien par leur niveau technique que parce que la neige semble avoir déserté les lieux depuis un bon moment.

Toujours à la recherche d’un terrain de jeux enneigé, nous faisons route vers le Nord-Ouest : direction la Norvège ! Le 10 avril, nous partons à la découverte de Hemsedal. Le temps est couvert, mais – à notre grande surprise – la neige est bonne. Cette station recèle l’un des snowparks les plus impressionnants qu’on ait pu voir depuis notre passage aux USA. Les kicks sont tout simplement énormes !

Le soir même, nous avançons jusqu’à Geilo (prononcer « Yaélo ») où nous faisons la rencontre de Linn, une norvégienne qui travaille pour l’Office du tourisme local. Bien décidée à nous faire goûter à tous les délices de la région, elle nous embarque dès le lendemain pour une folle journée d’activités. Nous commençons par une promenade sur la face Nord du domaine skiable. Les remontées mécaniques sont fermées, car le vent souffle à 129,6 km/h ! Qu’à cela ne tienne, Linn nous trouve un skidoo pour monter au sommet ! A l’heure du déjeuner, nous poursuivons avec une balade en pulka, tirée par des chiens de traîneau ! Nous nous amusons tour à tour à jouer aux mushers. Le trajet passe au bord d’une rivière transformée en lac à cause de la glace qui a pris sur plus de 30 cm d’épaisseur : magnifique ! Dans l’après-midi, nous rejoignons Nicholas, le Chef des « Skipatrols » pour une visite de la face sud du domaine skiable (de l’autre côté de la vallée). Cette fois, nous sommes à ski, car le vent s’est calmé. Le matin suivant, Linn nous présente Valérie, une québécoise pleine d’humour mariée à un norvégien, qui nous fait découvrir les joies du kiteskiing/boarding. Il paraîtrait que l’immense plateau derrière la station et les vents capricieux qui le traversent font de Geilo l’un des meilleurs spots du monde pour pratiquer cette discipline. Vers 18h, nous retrouvons Linn pour déguster un dîner gastronomique norvégien avec de l’élan. (Pour les palais curieux, cette viande rouge ressemble beaucoup au bœuf, mais en plus fibreux).

Le 13 avril, les bras et les abdos endoloris, nous quittons Geilo pour Hafjell, près de Lillehammer. Cette station a accueillie quelques épreuves des J.O d’hiver en 1994. Bien qu’elle soit minuscule lorsqu’on en fait le tour en ski alpin, elle est surtout connue pour son domaine de ski de fond, qui compte 350 km de pistes.

Le 15 avril, nous avons rendez-vous à Trysil avec Johann, un ancien membre de l’Equipe Nationale Norvégienne de Télémark. Cette station couverte de conifères est l’une des plus grandes de Norvège. Johann nous emmène donc faire un tour de ses coins favoris. A cette occasion, il ne manque pas de nous faire passer sur une piste vertigineuse à 45° d’inclinaison. Décidément, les norvégiens ont de quoi bien s’amuser !


Le Hall, la Vallee et le Monde

Un peu déçus par le manque de neige en Europe centrale et pas très motivés par l’idée de rider au milieu de hordes de touristes nordiques, nous choisissons de laisser passer les vacances de pâques avant de nous rendre en Scandinavie. Pour ne pas rester inactifs, nous décidons de tester de nouveaux lieux de glisse : les pistes indoor.

Le 04 avril, nous nous rendons donc au SnowHall d’Amnéville, en Moselle. Construit sur un ancien crassier, le site compte deux pistes : une bleue qui mesure près de 500 m de long sur 35 m de large et une plus petite (40 m) pour débuter ou faire de la luge. Au premier abord, cela paraît assez incongru de s’engouffrer dans ce frigo géant – la température est maintenu toute l’année à -2°C – alors qu’il n’y a pas une montagne aux alentours et qu’il fait 16°C dehors. Mais, ouvert il y a un an et demi, SnowHall ne désempli pas. Il a reçu à ce jour plus de 400 000 de riders ! Un projet d’extension est même à l’étude. Il faut dire que ce « centre de ski » est une aubaine pour les habitants de la région, dont certains sont encore touchés par la crise du secteur sidérurgique. Désormais, ils peuvent faire quelques descentes pour une poignée d’euros sans avoir à se déplacer jusque dans les Vosges ou le Jura. Il paraît même qu’un papy de 83 ans a pu goûter aux plaisirs de la glisse pour la première fois de sa vie… il était temps ! En ce qui nous concerne, cette première est assez surprenante. Ce n’est pas tant la neige ultra collante que le fait d’avoir un plafond éclairé par des néons au-dessus de la tête qui nous perturbe.

Après avoir passé la nuit à Bruxelles (Merci Ariane !), nous grimpons jusqu’à Landgraaf, aux Pays-Bas. Nous sommes à SnowWorld qui, vu les efforts produits pour recréer une ambiance « montagne », n’a pas tout à fait usurpé son nom. Cette fois, il y a 3 pistes, dont une avec un véritable snowpark. Il y a même un télésiège 6 places et un chalet d’altitude, où l’on peut boire du chocolat chaud ! Bon d’accord, il n’est qu’à 50 m au-dessus du niveau de la mer, mais avec un peu d’imagination… ! D’ailleurs, la température de -6°C facilite bien les choses.

Le lendemain, nous revenons légèrement sur nos pas, en allant à Peer, en Belgique. C’est là que se trouve Snow Valley, l’un des premiers centre de ski indoor en Europe. Construit il y a plus de 10 ans, par un obsédé de la neige (dixit son épouse, parce qu’il envahissait le frigo familial de pots contenant des échantillons de neige !), le site est particulièrement impressionnant vu de l’extérieur. Bien que les pistes n’excèdent pas 250m de long, celles-ci reposent dans une imposante structure sur « pilotis » s’élevant à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. A notre grande surprise, la neige, dont le secret de fabrication est aussi bien gardé que la recette de la potion magique de Panoramix, est excellente ! Nous avons quand même réussi à savoir qu’elle était fabriquée dans des cylindres avec un circuit de refroidissement à l’ammoniaque (et non pas avec des canons comme dans les autres centres indoor). En résumé, cela produit une sorte « glace pilée » très fine, qui a une bonne cohésion. Résultat : elle est beaucoup moins abrasive que de la neige de culture traditionnelle et surtout elle est peu « collante ».

Prague, la romantique

Le 28 mars, nous quittons la Slovaquie pour la République Tchèque. Après une tournée rapide sur les 3 domaines skiables autour de Cerna Hora, nous gagnons Prague. La capitale du pays semble être devenue une destination touristique particulièrement à la mode depuis quelques temps. Et pour cause, cette ville pleine de charme et de romantisme a de quoi satisfaire les amateurs de paysages urbains les plus exigeants : trois quartiers classés au patrimoine mondial de l’Unesco, un château, plus d’une centaine d’Eglises, des musées en pagaille, un pont du XVème siècle en pierre, et des palais aux façades colorées où le style gothique rivalise avec le baroque le renaissance et l’art nouveau. Nous décidons alors de prendre une journée pour nous balader dans les rues de ce joyau, au cœur de l’Europe. Le soir, histoire de faire durer le plaisir, nous nous offrons deux places pour l’Opéra. Au programme : La Flûte Enchantée de Mozart… Après en avoir pris plein les yeux, nous en prenons plein les oreilles !


Au coeur de l’Europe

Le 20 mars, nous arrivons en Roumanie, pays du légendaire Comte de Dracula. Nous montons notre camp de base pour quelques jours à Predeal. Installé dans un cadre idéal, entre les vallées de Prahova et Timis, c’est le plus haut village du pays (1 033 m). Il est entouré par les montagnes de Postavarul (1 802 m) et Piatra Mare (1 843 m) au Nord, de Muntii Garbovei et des murs rocheux de Bucegi au Sud, ainsi que des crêtes du Cioplea à l’Est. Fondé au XVIIème siècle, il est devenu depuis un important centre touristique, grâce à son climat sec – la température moyenne en hiver est de -4°C – et à ses nombreux départs de randonnées. Malheureusement, avec seulement une demie-douzaine de pistes et une forêt de conifères particulièrement dense, nous nous rendons vite compte qu’il y a ici plus d’hôtels que de mètres carrés pour skier ! Nous errons donc dans les différentes stations que comptent la région, mais sans grand succès. La pluie, qui tombe sans discontinuer depuis quelques jours, a raison de notre moral et surtout des canalisations roumaines…

Le 24 mars, nous roulons sur 800 km pour rejoindre la Slovaquie, en faisant une petite incursion en Hongrie. Une nuit à dormir dans la voiture plus tard, nous voici au pied du Bas Tatras, à Tatranska Lomnica. Entouré sur des kilomètres à la ronde par des plaines d’herbe jaunie par l’hiver, ce massif de 80 km de long (d’Est en Ouest) et s’élevant jusqu’à 2043m d’altitude semble étrangement surgir de nulle part. Et pourtant, en plus d’abriter des stations de ski, c’est un sanctuaire pour les ours bruns, les lynx et de nombreux autres animaux sauvages. Le lendemain, nous partons explorer la partie polonaise du Tatras, à Zakopane. A l’approche de la station, ce sont surtout des demeures construites intégralement en bois et disséminées dans l’épaisse forêt de sapins qui retiennent notre attention. Le calme et l’austérité qui s’en dégage contraste avec la vie trépidante du cœur du village. Dans la rue piétonne principale, les chalands fourmillent d’une échoppe à l’autre, d’une odeur de brioche chaude à celle d’un cochon rôti à la broche, le tout oscillant entre les gazouillis des oiseaux et des haut-parleurs hurlants un tube américain des années…80 ! Côté piste, c’est surtout le téléphérique et sa cabine métallique « grosse contenance » (20 personnes compressées comme des sardines max. !) qui nous ont marqué…

De retour en Slovaquie le 27 mars, nous jetons notre dévolu sur les pistes de Jasna. Cette fois, nous sommes dans le Bas Tatras – un autre massif, en face du Haut Tatras ! – où se trouve le point culminant de la chaîne des Carpates. Ces 25 km de montagnes (d’Est en Ouest) sont si majestueux qu’ils attirent près de 5 millions de touristes par an ! Heureusement pour nous, les pistes sont aujourd’hui presque désertes. Quant aux itinéraires hors piste, les nombreuses plaques à vent sont tellement menaçantes que personne n’ose s’y aventurer…

Yaourt bulgare

Le 16 mars, nous arrivons à Bansko, dans les Balkans bulgares. Nous y faisons la rencontre de James, un anglais qui y tient un hôtel depuis quelques années. Il nous raconte avec délice l’histoire de la station et l’apprentissage du capitalisme par les bulgares. Depuis la chute du régime communiste, le pays se réveille tout doucement et le choc des cultures est encore un peu brutal. Nombreux sont les habitants qui vivent encore en autosuffisance en cultivant leurs pommes de terre, en tuant leurs cochons et en se déplaçant en carriole à cheval. A côté de ça, certains déambulent déjà en 4×4 de luxe sur les routes pavées défoncées, le téléphone mobile greffé à l’oreille. Ces derniers se sont souvent enrichis à la vitesse de l’éclair de façon plus ou moins honnête…

Le lendemain, nous empruntons les remontées mécaniques flambant neuves de la station pour rider dans le massif du Pirin. Les conditions sont printanières : soleil et neige aussi molle que du yaourt ! Mais ce n’est pas désagréable ! En fin de journée, nous filons vers le nord pendant 2 heures pour atteindre Borovets. Autant Bansko subit un développement touristique et immobilier massif, autant le temps semble s’être arrêté dans les années 1960 à Borovets ! Des boutiques construites à la va-vite avec des plaques de bois agglomérées, des vendeurs à la sauvette d’accessoires de contrefaçon, et des « taxis-carriole » conduis par des chauffeurs cuvant leur beuverie de la veille peuplent les ruelles aussi crasseuses que poussiéreuses de la station. Les hôtels aux façades décrépies et les maisons restées à l’état de chantier ou tombant en ruines laissent une impression de grandeur et de fastes à jamais révolue. C’est glauque. Ce sentiment est renforcé, lorsque nous réalisons le jour suivant qu’il y a ici plus de sex shops et autres sordides boites à strip-tease que de pistes de ski… Nous ne trainons donc pas longtemps et fuyons à Sofia, la capitale du pays.

Le 19 mars, nous prenons notre courage à deux mains pour monter à Vitosha. La route d’accès, d’abord en bitume criblé de nids de poule, se transforme peu à peu en voie pavée. Puis, en chemin de terre. Enfin, un reste d’eau de pluie aidant, nous arrivons dans un champ de boue ! Une fois sur place, nous comprenons que seule une seule piste est ouverte. Mais peu importe, nous n’avons pas fait tous ces efforts pour rien et le soleil est de la partie, alors nous en profitons !

A la recherche du flocon perdu

Le 7 mars, une dévitalisation dentaire et 11 heures de route plus tard, nous voici en train d’errer dans les rues de Villach, en Autriche. Refoulé à la frontière slovène pour cause de tunnel fermé, nous cherchons en vain un endroit où passer la nuit. Il est 22h passé et pas un chat ne traîne dehors. Tant pis, nous reprenons nos habitudes nord américaines et dormons dans la voiture…

Le lendemain, nous passons en Slovénie et visitons 3 stations au pas de charges. La pluie ayant « lavé » les pistes, celles-ci sont devenues impraticables. Le lendemain, le scénario est identique à Pohorje, où les loueurs de la station ont carrément remisés le matériel de ski au placard et sortis les VTT ! Apparemment, là encore, la saison d’hiver n’aura pas été grandiose… Du coup, nous décidons de nous lancer avec un peu d’avance dans un marathon routier : rejoindre le Péloponnèse en Grèce, en passant par la Croatie, la Serbie et la Macédoine.

Pilotage façon Fast and Furious (vitesse des véhicules sur l’autoroute : de 60 à 180 km/h !), grosses peurs à cause de fous du volant et arnaques aux péages : voyager en Serbie n’est pas de tout repos ! A côté de ça, la traversée des autres pays nous a semblée être une partie de plaisir ! Juste après avoir passé la frontière grecque et roulé 13 heures d’affilées, nous nous offrons une nouvelle nuit dans la voiture, sur une aire routière désaffectée…

Nous consacrons les deux jours suivants à regagner le Nord du Péloponnèse. Le thermomètre de la voiture semble bloqué à 9°C, et bien sûr, il n’y a pas la moindre trace de neige sur les montagnes qui nous entourent. Même pas un petit névé !

Le 12 mars, nous devons rider à Kalavrita. Une fois de plus, la station est fermée pour cause de sécheresse absolue. Qu’à cela ne tienne, nous filons vers Delphes et profitons de la lumière du soleil couchant pour faire un peu de tourisme culturel au sanctuaire d’Athéna.

Le jour suivant, alors que nous nous enfonçons dans les montagnes rocailleuses du Parc National d’Oros Parnassos, nous apercevons enfin du blanc ! Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, la station de Parnassos est ouverte ! Nous en profitons autant que possible avant d’aller assister au coucher du soleil sur le Temple de Poséidon, au Cap Sounio. Aujourd’hui, nous sommes bénis !

Le surlendemain, nous faisons un crochet par Athènes pour visiter son incontournable Acropole et nous balader dans Plaka, l’un des quartiers touristiques de la capitale. Puis, nous poursuivons notre quête du côté d’Edessa, dans la partie grecque de la Macédoine. Le 15 mars à Kamaikstalan, devant le trop faible enneigement, nous décidons de quitter la Grèce pour les Balkans.


Plan B

Le 27 février, nous faisons la grasse matinée chez Clemens, avant de le rejoindre dans le centre de Munich pour nous délecter de la gastronomie bavaroise. Nous passons ensuite l’après-midi dans les quartiers piétons de la ville, qui restent très animés, malgré un froid et un vent qui glace les os.

Le lendemain, à cause du manque persistant de flocons dans les stations allemandes, Matth organise un plan B sur un glacier Autrichien. Hintertux doit être suffisamment en altitude pour avoir récolté un peu de neige. Arrivés sur les lieux, coup de chance, c’est ouvert et il y a même de la poudreuse. Malgré un début dans la tempête, le soleil pointe le bout de ses rayons en début d’après-midi, ce qui permet à Béatrice de faire quelques clichés.

Le jour suivant, nous partons en « safari » sur le domaine relié de Kitzbuhel. Celui-ci est beaucoup plus grand qu’il n’y paraît et étonnement bien enneigé compte tenu de sa faible altitude. Après, un passage impressionnant sur la piste de descente de Coupe du monde, qui présente notamment une section à 85° d’inclinaison, nous filons à Selva, en Italie. Ce petit village se niche au fond de la « Val Gardena », une vallée couverte de forêts de mélèzes et de sapins, et protégée par les époustouflants massifs dolomitiques du Cir (2592 m), du Sella (3152 m), et du Sassolungo (3181 m).

Le 02 Mars, nous nous attaquons à Dolomiti Superski, l’un des plus grands domaines skiables du monde avec près de 1200 km de pistes (pas toutes reliées skis aux pieds). Pour en voir toute l’étendue dans le peu de temps qui nous est imparti, nous suivons un itinéraire, appelé « Sella Ronda », qui fait le tour d’un massif montagneux en forme de grosse molaire. Les paysages sont spectaculaires !

Malgré nos espoirs de la veille, le mauvais temps est de retour alors que nous nous élançons sur les pistes de Cortina (qui font elles aussi partie de Dolomiti Superski). Nous abrégeons rapidement la visite, d’autant plus qu’une douleur inquiétante aux dents, que je traîne depuis 4 jours, se manifeste à nouveau. Nous décidons alors de rentrer illico à Annecy pour voir mon dentiste, avant de poursuivre notre chemin dans les pays de l’est européen.


De la neige a la mousse

Après le Japon et Chypre où nous avons croulé sous la neige, nous espérons bien que la malédiction qui s’est abattue sur les montagnes européennes en début de saison a pris fin…

Le 24 février aux aurores, nous attrapons à la gare d’Annecy Béa Frison – photographe professionnelle – qui va nous accompagner quelques jours (www.solenoctis.com). Puis, nous traversons la Suisse et l’Autriche afin d’arriver en Allemagne, à Garmisch-Partenkirchen. Dominée par le massif du Wetterstein, l’une des plus impressionnantes chaînes de montagnes des Alpes septentrionales, cette station est au cœur de la région de Werdenfels. Elle se trouve aussi au pied du Zugspitze (2962 m), le plus haut sommet allemand. Cette situation exceptionnelle explique pourquoi le village s’est d’abord imposé comme l’une des premières stations climatiques en Europe, avant de devenir une station de ski renommée.

A l’arrivée, Jutta, une guide touristique, nous attend pour une visite commentée des lieux. Garmisch-Partenkirchen est considérée comme la « métropole du ski » en Allemagne. Pour autant, elle a conservé son caractère authentique et une taille humaine. Des églises règnent au-dessus d’un enchevêtrement de rues et ruelles, toutes bordées de maisons bourgeoises dans la plus pure tradition bavaroise. Leurs façades sont décorées avec des fresques en relation avec le nom de famille ou la profession des habitants.

Le lendemain, malgré la grisaille persistante, nous partons explorer « Classic », le domaine skiable le plus proche. La couche de neige est mince, mais c’est suffisant pour s’amuser, notamment sur la piste « Kandahar ». Celle-ci a accueillie les épreuves de la Coupe du monde de ski alpin la veille et a donc fait l’objet d’attentions particulières. Pour assurer le bon déroulement des courses, l’organisation a été contrainte de faire apporter de la neige de différentes stations allemandes et autrichienne par camion !

Le matin suivant, un épais brouillard couvre les montagnes. Il paraît qu’il a neigé pendant la nuit, alors nous nous hâtons de monter sur le glacier du Zugspitze, grâce un train à crémaillère. A l’arrivée, on ne voit rien et le vent souffle, mais nous avons le plaisir de rider dans une neige toute fraîche ! En fin de journée, après un détour par Mittenwald (la Grave allemande), fermée par manque de neige, nous retrouvons Clemens, un ami d’enfance, à Munich. Histoire de mettre tout de suite dans le bain, il nous entraîne dans une taverne pour déguster une spécialité locale : de la bière ! Après tout, une petite mousse, ça fait toujours du bien !


Rider sur l’Olympe

Le 3 Février, nous débarquons sur « l’île des Dieux », à Chypre, pour 3 jours. Aussi incroyable que cela puisse paraître, il y a bien une station de ski en pleine mer Méditerranée ! A Troodos, sur le mont Olympe (1950 m), dans la vallée des cèdres, au cœur de l’île. Mais pour l’heure, il pleut et tous les chypriotes que nous croisons nous affirment avec force et conviction qu’il est « impossible » de faire du ski, parce qu’il n’y a « jamais » de neige sur l’île…

Le lendemain, pour digérer le décalage horaire, nous faisons un tour des parties accessibles du territoire chypriote. En effet, depuis le 20 juillet 1974, un tiers du pays est occupé par des troupes de l’armée turque et il est strictement interdit aux touristes de s’approcher des « frontières ». Nous sommes alléchés par les brochures touristiques qui expliquent que ce petit bout de terre est « un musée à ciel ouvert, véritable mosaïque des civilisations qui s’y sont succédées à travers les siècles ». Aphrodite, déesse de l’amour et de la beauté dans la mythologie grecque, y serait même née. Du coup, c’est une bonne dizaine de sites, répartis le long des côtes de l’île qui lui sont consacrés. On peut donc visiter le lieu de naissance de la Belle (une plage), la « grotte » où elle prenait ses bains à l’ombre d’un figuier géant, les sanctuaires où elle rencontrait ses nombreux amants, etc. Dans la réalité, les choses sont… légèrement différentes ! Les sites ne sont pas aussi romantiques et présentent encore moins d’intérêt culturel. Du reste, l’authenticité de certains d’entre eux doit être toute relative si l’on en croit l’odeur de ciment frais qui se dégage de certaines Eglises « byzantines » ! Et oui, à Chypre, comme ailleurs, l’industrie du tourisme de masse essaie de vivre comme elle peut, même au prix de certains artifices… Mais peu importe, ces paysages de côtes méditerranéennes bordées d’oliviers, d’orangers et autres arbres fruitiers aux senteurs délicates d’agrumes sont vraiment très dépaysants !

Au matin du 5 février, nous tentons de rejoindre l’Olympe, malgré une pluie drue. Au fur et à mesure de la montée, les gouttes d’eau se transforment en neige. Quelques kilomètres avant l’arrivée, les roues patinent désespérément, nous sommes bloqués dans un désert blanc où les flocons ne cessent de tomber. Qu’à cela ne tienne, il y a suffisamment de pente pour nous faire plaisir. Nous enfilons notre matériel, laissons la voiture sur le bord de la route et improvisons une session backcountry dans cette neige fraîche ! Malgré nos tentatives ultérieures, il y a tellement de congères qu’il nous est impossible d’accéder à la station.

Après coup, nous réalisons que cette péripétie confirme les grands mythes grecs. En effet, selon ces derniers, à chaque fois qu’un mortel a essayé de rejoindre l’Olympe, il s’est planté !


Japon ancestral

Le 28 janvier, nous entamons une plongée dans le Japon traditionnel. A l’occasion d’un changement de train un peu plus long que d’habitude, nous filons visiter le château de Matsumoto. Comme dans la plupart des bourgades du pays, après le festival du feu qui a eu lieu il y a deux semaines pour célébrer le passage des jeunes hommes à l’âge adulte, c’est le tour du Festival de l’Hiver. Les abords du château ont donc été parés de sculpture de glace représentant des scènes ou des symboles nippons – plus ou moins – typiques : dragons, guerriers samouraïs, etc.

Dans la soirée, nous sommes accueillis par Katsu Kono, un ex-membre de l’Equipe nationale de Super G du Japon qui s’est reconverti dans le ski freestyle et la production de films de glisse. Grâce à lui, nous découvrons Nozawa Onsen et nous enfonçons dans le Japon ancestral ! Les maisons à colombages surmontées de toits de pagode majestueux en tuiles rouges, vertes ou bleues turquoises sont accrochées les unes aux autres pour former d’étroites ruelles qui serpentent sur les flancs du Mt Kenash (1650 m). Les façades sont parées de lanternes rouges. Les étales des échoppes traditionnelles proposent toutes sortes de marchandises colorées aux odeurs épicées. De-ci delà, des bosquets de séquoias protègent des temples shintos centenaires. Et partout, y compris là où si attend le moins, coule de l’eau chaude : dans les onsens, dans les canaux, dans les bains de pied publics, dans les minuscules gouttières creusées à même le sol qui courent le long des rues, dans les bassins géants où des grand-mères font directement bouillir leurs légumes ! Ici tout est authentique, intact.

Le lendemain, c’est aux côtés de l’armure d’un guerrier samouraï vieille de plusieurs centaines d’années que nous dégustons un petit déjeuné constitué de thé amère, de riz, de poisson froid et d’une demi-douzaine d’autres plats pas très bien identifiés… Puis, nous sommes conviés à participer à une cérémonie shinto normalement réservée à quelques dignitaires locaux. Celle-ci tend à implorer le ciel de bien vouloir faire tomber la neige et de protéger les riders des dangers de la montagne. Après avoir salué deux fois, puis tapé deux autres fois dans nos mains, et enfin resalué une fois devant l’entrée du temple, nous sommes invités à retirer nos chaussures et à nous asseoir sur nos talons dans la salle principale. Une sorte de prêtre en kimono ouvre solennellement la cérémonie en tapant sur un tambour. Pendant près d’une demi-heure, il prononce d’une voix tremblante tout un tas de paroles savantes auxquelles nous ne comprenons rien si ce n’est les mots « Nooozaawaaa Onnnsen » et « ZZnowwboooard ». Après avoir jeté des confettis blancs en l’air et avoir clos la cérémonie tambour battant, celui-ci nous offre un verre de saké (alcool de riz à 55%), ainsi que des autocollants à poser sur nos skis. Ceux-ci contiennent des écritures sacrées sensées nous protéger pendant 1 an… Forts de ce « bouclier magique » et accompagnés de Katsu, nous passons le reste de la journée sur les pistes et dans quelques goulets secrets très ludiques !

Dans la soirée, nous arrivons à Shiga Kogen, le plus grand domaine skiable du pays qui regroupe 21 stations. Ce lieu est aussi réputé pour ses sources chaudes depuis plus de 1300 ans. Autre signe distinctif : il est autant apprécié par les touristes que par les singes qui se promènent librement dans les rues ! En effet, le Parc National Jigokudani se trouve à proximité. Ce sanctuaire naturel compte environ 3000 singes sauvage qui ont pris l’habitude de venir se « relaxer » dans le bassin d’une source chaude locale, pour le plus grand plaisir des curieux !

Le 1er Février, avant de quitter le pays, nous avons un ultime rendez-vous à Tokyo avec Kuni, un ami japonais, pour visiter les Jardins Impériaux. Quelques shushis et un sublime coucher de soleil plus tard, nous décollons direction Hong-Kong, puis Londres et enfin Chypre, en pleine Mer Méditerranée.


Le Japon : mission possible !

Le 22 janvier, après une journée passée dans les trains pour rejoindre la station de Furano, Matthieu et moi attrapons le fou rire en essayant de faire fonctionner les toilettes de notre chambre d’hôtel. On ne l’imagine pas, mais aller dans les « lieux d’aisances » japonais, c’est une sacré aventure ! En effet, la cuvette est dotée d’un petit boîtier sur le côté, avec plein de boutons – écrits en japonais bien entendu… Une fois assis, il faut d’abord régler la température de l’abattant (froid, tiède ou chaud… attention, ça brûle !). Ensuite, un petit tourbillon d’eau se déclenche dont l’unique fonction est de créer un écran sonore pour masquer les bruits. Enfin, une fois qu’on a fait sa petite affaire, il est possible de se faire nettoyer le séant par un jet d’eau suffisamment puissant pour atteindre le plafond ! (Véridique)

C’est un ciel gris et de la poussière de neige dans l’air que nous découvrons lorsque nous ouvrons les rideaux le lendemain. Peu importe, tant qu’il y a de quoi tracer de belles courbes, nous sortons ! La station n’est pas grande, ce qui nous arrange bien, car nous devons attraper un bus et deux trains en fin de journée pour rentrer à Sapporo.

Bien avant l’aube, nous nous rendons à la gare centrale. Aujourd’hui, le programme est simple : train, train et encore train ! Nous devons passer de Sapporo sur Hokkaïdo à Hakuba, au beau milieu de Honshu, l’île principale du Japon. Le trajet nécessite pas moins de 16h30 de voyage avec 6 changements et une course en taxi (gracieusement offerte par un inconnu japonais). C’est fatiguant, mais – contrairement à ce que je croyais – tous ses transferts en train sont réalisables. Du reste, entre deux trains, nous en profitons pour goûter à certaines spécialités gastronomiques locales. Les mets sont toujours très raffinés et la présentation particulièrement soignée, même si c’est toujours délicat de savoir à l’avance ce qu’on commande, parce qu’il nous est impossible de lire. Heureusement, parfois il y a des plats de présentation en plastique pour les illettrés comme nous !

Le 26 janvier, nous partons à l’assaut de Hakuba 47 et Hakuba Goryu, deux stations reliées parmi la dizaine que compte la vallée d’Hakuba. Il fait un temps superbe depuis plusieurs jours dans la région et la qualité de la neige commence à en pâtir. Mais les gens que nous croisons sont adorables et prennent le temps de nous présenter les lieux. Nous apprécions d’autant plus que contrairement à ce qu’on pourrait penser, rares sont les japonais qui parlent anglais.

Les japonais ont un sens de l’accueil bien à eux, discret, empli de respect et avec le souci permanent du bien-être de leurs hôtes. Nous bénéficions une fois de plus de l’hospitalité nippone le lendemain, lorsque Sakiko, notre aubergiste, se démène pour nous emmener à Happo One. Installée dans le Parc National Chubu Sangaku, cette station a accueillie 14 épreuves lors des J.O d’hiver de Nagano, en 1998. Les pistes sont larges et bondées de monde. Comme il a neigé toute la nuit, nous nous frayons quelques runs dans les vastes bandes de forêt qui séparent les pistes, où nous trouvons de la poudreuse jusqu’à mi-cuisse. Quel régal !


Le Japon : mission impossible ?

Jamais nous n’avons abordé une étape de ce tour du monde aussi terrifiés qu’à l’approche du Japon. Et pour cause, nous avons entendu les pires horreurs sur les us et coutumes de ses habitants. En outre, le changement de notre mode de transport me laisse tout à fait perplexe. Changer de station de ski tous les jours en prenant le train et le bus (au lieu de la voiture) avec 70 kg de bagages me semble mission impossible…

Après une nuit glaciale en transit sur un banc de l’aéroport de Hong-Kong et quelques heures de vol supplémentaires, nous débarquons le 18 janvier 2007 à Sapporo, sur Hokkaïdo, l’île la plus au Nord de l’archipel nippon. Il tombe des flocons gros comme des balles de golf ! Mais ce qui aurait habituellement été une excellente nouvelle se transforme en calvaire lorsque nous devons traîner les bagages pour rejoindre notre auberge de jeunesse.

Avant le lever du soleil, nous déguerpissons pour attraper notre premier train. Nous arrivons quelques heures et quelques changements plus tard à Niseko dans une auberge japonaise traditionnelle. Ce logement douillet ressemble à tous les décors des dessins animés de notre enfance, les couleurs acidulées en moins ! Ici, les lits sont installés sur des matelas en paille de riz, les oreillers sont faits d’un sac de graines, les douches ont l’air d’avoir été dimensionnées pour des lilliputiens et les clients sont invités à chausser des tongues.

Le 20 Janvier, alors qu’une sorte de poussière de neige flotte délicatement dans l’air, nous nous élançons pour notre première descente. Il est difficile de décrire ce que nous ressentons à cet instant précis. C’est un mélange de soulagement, d’excitation et de surprise. Soulagement, car depuis un mois et demi que nous avons repris la route, il y a enfin de la neige en quantité « raisonnable », c’est-à-dire jusqu’à mi-cuisse ! Excitation, parce que c’est de la poudreuse et qu’elle est fraîche. Surprise, parce que cette neige ne ressemble à rien de ce que nous connaissons. Elle est d’une légèreté et d’une sécheresse qu’il est difficile d’imaginer pour les européens que nous sommes. De plus, elle tient bien toute la journée, car la température reste à peu près constante (autour de – 8°C). Du coup, glisser sur cette neige est une expérience tout à fait étonnante. C’est un peu comme de glisser sur de la sphaigne, mais sans eau !

Le lendemain, nous renouvelons cette expérience à Rusutsu. Matthieu m’avait prévenu : « tu verras, c’est un lieu très sauvage, où la nature est intact ! ». A l’arrivée dans la station, j’éclate de rire : c’est un véritable parc d’attraction, avec ses hôtels de luxe, ses manèges à sensations et une odeur ambiante de pop-corn caramélisé. Ce n’est qu’après avoir emprunté plusieurs télécabines que nous entrevoyons toute la beauté du domaine skiable, où nous profitons de quelques runs magiques dans la forêt. Enfin, le clou du spectacle est incontestablement la vue sur le volcan parfaitement conique Mt Yotei, sur le lac Toya au premier plan et sur l’océan pacifique juste derrière.

Le soir, Matthieu, qui a bien l’intention de vivre comme un authentique japonais, décide de visiter un « onzen ». Ces sources d’eau chaude publiques sont très répandues dans le pays et particulièrement fréquentées par les habitants. L’étiquette y est précise et personne ne doit déroger à la règle : on ne peut y entrer que parfaitement nu, après s’être lavé assis sur un tabouret avec l’aide d’un sceau !